Mutants
Mutants est le premier véritable film zombiesque français, assez discret malgré une distribution prestigieuse (Hélène de Fougerolles et… Hélène de Fougerolles c’est déjà pas mal !) sa sortie ciné est par contre passée complétement inaperçue…
Est ce justifié ? Hélène de Fougerolles est elle la Sigourney Weaver du zombie Français ? Le cinéma français zombiesque part il sur de bonnes bases ou au contraire vers le fossé ? Une accroche aussi pourrie va t’elle donner un bon article ?
Vous le saurez en lisant la suite !
Mutants est considéré comme le 28 jours plus tard à la française dans l’esprit en tout cas, cette comparaison est justifié tant les points communs sont nombreux, les infectés sont dans le même esprit, les scènes d’actions sont dans la même veine que celle de 28 jours plus tard avec du corps à corps et peu d’armes. Toute l’histoire se passe en dehors de la ville et l’invasion des infectés est seulement suggérée, ce qui fait travailler notre imagination au lieu du budget du réalisateur. On va suivre un couple qui fuit à la recherche d’une base militaire (la base Noé comme l’arche) dernier refuge à la mode dans les environs. Évidement tout ne va pas se passer parfaitement et nos deux compères vont devoir se réfugier dans une immense bâtisse au milieu des bois à attendre les secours.
L’intérêt principal du film est de suivre la transformation du mari et sa lutte contre la folie. Car effectivement ces zombies là sont plus des infectés. Les personnes contaminées plongent petit à petit dans une folie destructrice. C’est une assez bonne idée puisqu’on a droit à quelques passages assez angoissants sur ces crises de folie puis le retour à l’état normal (un peu comme quand je m’engueule avec ma copine pour finir par lui dire « Mais ma choupine je t’aime! »). Certains n’aimeront pas le principe mais il faut admettre que cela change de l’éternel « Je suis mordu, je meurs, je te bouffe » ou du plus direct « Je suis mordu, je te bouffe ».
Les tourments du personnage contaminé est bien porté à l’écran, a tout moment on s’attend à le voir définitivement infecté. L’héroïne n’est pas en reste puisqu’elle est en proie à un dilemme habituel pour les films du genre, tuer son mari ou risquer sa vie, mais ici l’espoir d’une guérison rend ce choix encore plus difficile!
Cela constitue la vraie bonne idée du film.
Malheureusement le réalisateur (dont c’était le premier film) s’est tiré une balle en ajoutant des personnages complétements inutiles au milieu de l’histoire… Aussi inutiles que mal joués !
Nous découvrons alors le saligot méchant prêt à tout pour survivre et rassemblant tous les clichés des méchants des films de Seagal réunis. Le personnage sombre et mystérieux qui a vécu l’horreur et qui aura en tout et pour tout trois lignes de texte. Et pour finir, le summum du cliché, la blonde avec une scène classée X hyper soft et inutile. Ces personnages n’ont quasiment aucun impact sur l’histoire, on a l’impression que le réalisateur considérait que ces deux personnages principaux ne pouvaient porter le film seuls.
Juste là pour ce faire bouffer ? D’accord mais cela coupe trop avec la première idée d’un film intimiste. A vouloir faire un film d’ambiance et d’action le réalisateur ne va vraiment au bout d’aucun des deux sujets et s’égare tristement.
On aurait préféré conserver deux uniques personnages tout le long et les voir survivre.
L’impression de gâchis est grande tant le début paraissait partir sur une bonne base, le film se retrouve le cul entre deux chaises et finit par se maintenir en équilibre sauvé par quelques bonnes idées et la prestation des deux acteurs principaux contrastant avec tous les seconds rôles.
Mutants n’est pas un mauvais film, il est plutôt encourageant pour lancer la carrière de ce jeune réalisateur, malheureusement je ne sais pas si ce critère est suffisant pour justifier un achat en DVD à d’autres personnes que des fans de la culture zombies.
Note finale 5/10 avec mention « de bonnes idées mais il faut retravailler un peu la copie, fera mieux la prochaine fois »








4 commentaires
Je me suis pris le DVD, vu qu’il n’est pas trop cher (environ 15€). Globalement je suis d’accord avec la critique, surtout en ce qui concerne les seconds rôles superficiels.
Pas un film révolutionnaire (d’ailleurs le réal’ le précise clairement dans son interview présente dans les bonus) mais que tout amateur de zombies devrait apprécier de voir au moins une fois, en DVD.
RépondrePareil, je suis d’accord avec l’article dans les grandes lignes… Sauf pour le cas d’Hélène de Fougerolles qui ne jouent vraiment pas bien dans ce film alors que l’inconnu qui incarne son marie s’en tire très bien. Petite déception aussi quant au design des infectés: un tel maquillage n’était à mon sens pas nécessaire et nuit un peu à la crédibilité du virus.
RépondreBah dans le dvd, il est précisé qu’il ne s’agit ni d’infectés, ni de zombies mais de “mutants”. Ils conservent leurs capacités de raisonnement même si en proie à une rage incontrôlable (un infecté quoi); d’où cette apparence bizarre.
RépondreJ’avais été le voir en avant première avec quasiment toute l’équipe du film (acteurs réalisateur maquilleurs mecs des effets spéciaux)
Et en fait le réal disait clairement que c’était un film de commande qu’on lui avait dit de faire ça pour son premier long métrage, qu’il l’avait pas trop choisi, qu’il avait découvert au dernier moment que ça s’appelait un “film d’infecté”, qu’il avait été frustré de pas pouvoir mieux expliquer en début de film les pourquoi du comment de l’infection etc…
J’avais vraiment l’impression qu’il défendait pas trop son film qu’il était pas convaincu et ça se ressent un peu dans le film. C’est dommage. Par contre il a lui même dit qu’il avait pas fermé la porte à une éventuelle suite, mais bon vu les faibles scores niveau entrées ça doit être un peu compromis et je doute qu’on retrouve ce réalisateur tout de suite dans un film de genre, il avait l’air de préférer le cinéma classique lol.
Sinon sympa ta critique Hicks.
Répondre