Left 4 Dead 2 – Test
Il y a un an sortait Left 4 Dead. Une année entière passée à éliminer des infectés par vagues entières dans des rues dévastées. Un jeu mêlant coopération, survie et gunfights dans une ambiance de film Z assumée, auquel on a joué toute une année, en compagnie de nos chers Bill, Zoey, Louis et Francis, survivants immunisés lutant pour leurs vies jusqu’à l’évacuation.
Ce principe de gameplay, on l’a martelé pendant un an, répété jusqu’à en devenir muet, joué à s’en dégoûter, on ne reviendra que brièvement sur la base même du titre, à savoir la coopération comme tout le monde le sait : vous êtes 4, ils sont des milliers, si vous vous séparés, vous êtes fichus, si vous ne vous entraidez pas, vous servirez de festin. Pour se faire vous disposez de plusieurs modes de jeu, dont deux nouveaux proposés dans ce deuxième volet, sur lesquels nous reviendrons plus longuement.
Left 4 Dead 2 a fait beaucoup de bruit. Il est sorti un an après Left 4 Dead, un très bon jeu mais, pour de nombreux joueurs, pas encore finalisé et laissé à l’état de bêta jouable, carrément. Vous qui suivez l’actualité vidéo-ludique au quotidien depuis des lustres, il est inutile de vous rappeler que beaucoup de dents ont grincées lors de l’annonce du deuxième opus, laissant en vain tout espoir de suivi de son prédécesseur. D’où l’affaire de boycott, qui a rassemblé plus de 40000 personnes (en ne comptant que le groupe “officiel”) visant à demander à Valve diverses modifications de leur politique commerciale, ce qui n’a jamais été obtenu.
Aujourd’hui, on se retrouve donc avec cette suite autant attendue que non désirée. Quand est-il vraiment ? Est ce que Left 4 Dead 2 est un addon, ou un véritable titre à part entière, méritant d’être acheté au prix fort ? Réponse en fin de test.
Principe du jeu à part, qui reste sensiblement le même, il fallait bien quelque chose pour justifier un “2″ à côté de “Left 4 Dead”. Outre les nouvelles campagnes, le fer de lance du gameplay de ce nouvel opus est justifié dans l’apparition de nouveaux infectés spéciaux : Le Charger, le Splitter et le Jockey. Si leur aspect est absolument ridicule, leur fonction n’en est pas moins redoutable d’efficacité. Et si les anciens infectés spéciaux, toujours présents, peuvent sérieusement blesser un joueur ou un groupe de joueurs, les nouveaux ont un objectif précis : faire éclater le groupe en isolant les joueurs. Ainsi, le Charger fonce sur un survivant, l’emportant sur son passage à travers la map (très efficace dans les zones ouvertes), le Splitter crache de l’acide, incitant à ne pas rester immobile, et le Jockey prend le contrôle des déplacements de sa victime afin de l’isoler, tout en la blessant. C’est ainsi que le gameplay de Left 4 Dead fonctionne, tout ou presque repose sur le rôle et l’efficacité d’une attaque spéciale. Plus vous serez dispersés et moins vous aurez de chances de vous en sortir. En clair les nouveaux infectés spéciaux sont très appréciés en mode Versus, mais les anciens ne sont pas oubliés, il n’y aucun ajout pour faire figure de présence. Et on sent que tout a été minutieusement réfléchi : rien que la présence du Charger oblige la présence de maps plus ouvertes, plus longues et larges que celles vues sur l’original.
Ces nouvelles maps, du nombre de 22 réparties dans 5 campagnes, sont la preuve de la maîtrise de Valve en level-design. Elles sont pensées pour l’affrontement survivants / infectés spéciaux, tout en ayant le luxe d’être largement détaillées. Vous traverserez un centre commercial, un parc d’attraction (et non, il n’y aucun Twinkie à trouver), des marais et forêts débordants de zombies, une usine désaffectée et les rues de la Nouvelle Orléans. Le dépaysement est total : chaque niveau a son identité propre, son caractère bien précis, ses objectifs et son ambiance. Fini les couloirs identiques du premier jeu, ici tout est plus varié, plus soigné et finalement bien plus réussi dans le déroulement de l’action. Vous évoluez dans des niveaux baignant dans un soleil tapant tout comme dans un décor sinistre plongé dans l’obscurité. Les events ne se limitent plus à attendre dans un coin l’arrivée des secours : il va falloir arrêter une alarme sous une pluie de zombies infinie, aller chercher du combustible, remplir le réservoir d’une voiture (pour foutre le camp avec), traverser une rivière, un pont, etc. Il y a toujours le côté rescapé à secourir, mieux fignolé, préparé et plus jouissif à faire que jamais (haa, le final de Dark Carnival). Le top du jeu est bien sûr de ne pas se limiter au mode Solo, totalement dénué d’intérêt, mais bel et bien au mode multijoueur et en vocal, là où le titre trouve 100% de sa puissance.
Les nouveaux héros (qui n’ont pas le moindre charisme, soit dit en passant) sont jouables dans pas moins de 6 modes de jeu différents. On retrouve les modes Solo, Coop, Versus et Survie, auxquels s’ajoutent le mode Scavenge (ou Collecte) et le mode Réalisme. Si les modes de jeu déjà connus ne surprendront pas les vieux de la vieille de la série (malgré la présence de petits ajouts mineurs ça et là ), les deux nouveaux modes ont le mérite de proposer un nouveau challenge. Le mode Scavenge est une variante du Versus, qui en reprend les principes, mais est relativement différent dans son exécution. Il s’agit de deux équipes qui s’affrontent, infectés et survivants, ces derniers devant rassembler les jerricans d’essence dispersés aux quatre coins de la map, utiles à maintenir un générateur en fonctionnement. Le niveau est fermé : on peut dire qu’il s’agit d’un mélange entre les modes Versus et Survie, Versus pour l’affrontement à 8 joueurs, Survie pour l’évolution dans une map fermée, proposant un objectif clair. C’est un mode Versus light, qui ne dure pas longtemps : les manches sont chronométrées, le temps augmentant chaque fois qu’un jerrican est utilisé. Utile si vous voulez jouer rapidement au jeu sans traverser une campagne de 5 maps.
Le mode Réalisme, bien que son annonce nous a plutôt déçus de par son faible contenu proposé, est pourtant un vrai challenge pour les survivants, les vrais (comme ceux qu’on trouve sur TuezLesTous.com) : il supprime les halos de couleurs autour des objets et des coéquipiers, ne place plus de point de respawn avant la fin de la map et rend les infectés beaucoup plus résistants aux tirs placés autre que dans la tête. Ce style de jeu ne peut pas être joué sur un serveur au hasard. Sans communication vocale, sans teamplay, sans préparation et sans le moindre skill, vous ferez rapidement office de pâté pour zombies, tant il s’avère redoutable. Vous pouvez activer ce mode dans n’importe quelle campagne, sous n’importe quel niveau de difficulté du mode Coop.
La difficulté tiens, parlons-en – magnifique transition. Le jeu est plus difficile qu’avant. Les nouveaux infectés spéciaux y sont pour quelque chose, ainsi que la taille des maps, relativement agrandies pour l’occasion : ça arrive de partout, et ça pousse à l’exploration individuelle ce qui est rarement une bonne idée. Tout ça pour dire que même en Advanced, le jeu n’est pas une promenade de santé surtout lors des events du type horde infinie, comme à la fin de Dark Carnival. Imaginez la difficulté du titre une fois le Réalisme activé avec une coopération Expert… Je vous laisse imaginer le carnage.
Passé ces quelques ajouts majeurs, que reste-il au jeu de nouveau dans ce second opus? Ou plutôt de différent ? Car c’est bien de différences dont on parle, et non de nouveautés. Les nouveaux survivants sont différents, les armes sont différentes mais ne bouleversent en rien le gameplay comme peuvent le faire les infectés spéciaux. A part le lance-grenade et le bocal de gerbe, aucune des armes n’est nouvelle, il s’agit pour la plupart d’un simple skin, appartenant à une catégorie propre (uzis, pistolets, fusil-mitrailleurs, fusils à pompe, fusil à lunette). On apprécie la variété, les nouvelles options disponibles (visée laser, munitions de différents types) ainsi que le feeling des armes, mais il est tout à fait possible de finir une campagne au bon vieux M16. Dans le sens opposé se trouvent les armes de corps-à -corps, redoutables d’efficacité (mais pas toujours d’aspect, mention spéciale à la guitare ou à la poêle, que personne n’utilise) bien utiles pour se dépêtrer d’une horde un poil collante. Un bon coup de pied-de-biche dans les dents, ça calme le plus endurci des zombies.
Tout ça est bien gentil, s’il n’y avait pas des bugs de collision ! Rageant de voir un jet de goo bloqué par une haie, d’être touché par un liquide enflammé traversant les obstacles, et toujours aussi énervant d’être bloqué au moindre clou dépassant d’un mur… C’est du Source pur et dur, efficace en 2004 mais techniquement vieillissant en 2009 – bien que le titre se défend bien graphiquement. Pour les habitués, facile de contourner ce genre de problèmes, pour les autres en revanche c’est une autre paire de manches.
On reprochera au titre d’être un poil plus scripté, “scénario” obligeant. En effet, les 5 campagnes sont – enfin – logiquement rattachées les unes aux autres, ce qui implique quelques scripts (pouvant varier, mais bien présents). J’ai également vu beaucoup trop d’armes disséminées dans les niveaux. Citons aussi la version française, la plus ignoble jamais entendue dans un jeu vidéo : les voix ne collent pas aux personnages, le ton est beaucoup trop sur-joué, on ne sent aucune conviction, bonjour l’immersion; mettez-moi ça en VO vite fait, pour ne plus avoir à subir ce massacre, en total décalage avec la qualité sonore globale du titre, excellente et variée, surtout dans le niveau Hard Rain où la pluie bat son plein.
Mais alors, on l’achète ou on l’achète pas ce Left 4 Dead 2 ? Si on regarde le jeu dans sa globalité, il s’agit d’un Left 4 Dead lifté, soigné, dans lequel on a ajouté plein de petites choses, qui forment au final véritablement un jeu à part entière. Les nouveautés présentes sont tout à fait crédibles en tant que nouveau jeu. Certes, un prix moindre pour les possesseurs du premier titre aurait été fort bienvenue, un point pour vous; mais en vous débrouillant bien, vous pouvez acheter le jeu moins cher en groupant vos achats (ou en achetant depuis l’étranger, ou même tout simplement sur Steam UK). En définitif, Left 4 Dead 2 est bel et bien une suite à laquelle on n’a pas fini de jouer, boostant l’expérience de son aînée, pour proposer un mélange explosif d’action, de gore, d’ambiances folles mais surtout de zombies, ces chers êtes bien-aimés que vous massacrerez en chaîne pendant encore bien des années !
Mais n’oubliez pas Left 4 Dead.

















8 commentaires
Cela semble sympa sur “le papier”, mais j’en ai eu que des mauvais retours de ce L4D 2. Les rares personnes que je connaissent qui l’avaient acheté m’ont tout de suite dit que c’est une gigantesque arnaque. Comme dit plus haut : personnages vides, mais surtout les armes ne procurent pas selon eux un effet euphorique comme dans la bande annonce (en ce moment, on nous promet beaucoup de fun à dégommer du zombis puis plus rien vous remarquez ?).
Je m’inquiète donc du premier opus qui lui commence petit à petit à être déserté (bizarrement, ceux qui ont acheté le 2 se sont tous mis à d’autres jeux, oubliant toute la saga L4d ! Voilà ce qui arrive quand les clients sont mécontents : tu vend une nouvelle bouse, ils l’a refusent et t’aimerai qu’ils retournent à ton premier produit… et bien non, raté !).
Ce qui m’inquiète surtout c’est de voir si L4D va continuer à évoluer (nouveaux modes, nouvelles campagnes). Sinon, il va falloir attendre un autre jeux.
RépondreAu passage, Romero avait fait un petit FPS justement avec tous les clins d’Å“ils à ses films dans le jeu. C’était un pure flop. Les jeux de zombis ont du mal bizarrement et là , on en avait un bien mais des commerciaux ont tout foutu en l’air !
Il y avait vraiment besoin d’en faire un second au lieu de terminer et améliorer le premier ?
C’est très étonnant. J’ai eu beaucoup de retours sur le jeu, sur beaucoup de forums de jeu et le ressenti général est : L4D2 est supérieur à son aîné en tous points. Même sur nofrag où les plus pessimistes hurlaient leur déchaînement sur le jeu ont été plus que calmés par la surpuissance des campagnes.
Je suis d’accord pour dire que L4D se vide, j’y joue aussi régulièrement et c’est clair que 95% de la liste d’amis n’y jouent plus, sauf un ou deux CPC mais c’est rare.
Mais de là à dire que L4D2 est une arnaque, je m’avancerai pas sur ce point… Ayant beaucoup joué au premier, ce deuxième opus a été pour moi d’une fraîcheur bienvenue.
A savoir que la démo représente pas du tout le jeu final : the parish est la moins bonne des campagnes.
RépondreC’est un super jeux, aussi bien que le premier
RépondreAyant Trop jouer au premier L4D , le 2 ma déçu … quand je voyais que le premier , manquai de gun , mode et autre , et puis tout d’un coup j’attends qu’un Left 4 Dead 2 allai Sortir , Jme suis dit : S’est Vraiment De L’arnaque ! , les créateur n’avait-ils pas dit que Left 4 Dead ( le premier ) allai avoir une multitude de patch , donc de nouveau Gun , Scénario , et mode ? mais au lieu de sa , il a fait un autre , et ils nous fait payer 70$ (canadien) pour se jeu , qui ma déçu , bien qu’il est intéressant de battre une Witch a deux ak une Katana …
RépondreDumzZz > inutile de revenir sur une polémique des mois après la sortie du jeu. On sait tous que les “promesses” déclarées par Valve n’ont pas été tenues pour Left 4 Dead. Ca n’empêche pas de faire de ce deuxième opus un bon jeu.
RépondreSurtout qu’il est dispo neuf à 30€ et que de multiples promo le donnent quasiment pour rien.
Quelqu’un aurait entendu parler d’un nouveau l4dead ou d’une extension quelconque?
RépondreLe prochain contenu a sortir est “The Sacrifice”, en octobre. Il s’agit d’une nouvelle campagne ainsi que d’une autre mise à jour.
RépondreUn article qui devrait vous intéresser, sur les mécanismes, le développement, ou encore les raisons du succès de L4D (1 et 2) : http://www.gamasutra.com/view/feature/6235/why_left_4_dead_works.php (en anglais)
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