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Rockabilly Zombie Superstar

couverture_rockabillyMieux vaut tard que jamais. Même si le premier tome de Rockabilly Zombie Superstar, de Nikopek et Lou est déjà disponible dans toutes les bonnes boucheries depuis septembre dernier, il est encore temps d’en faire une petite chronique du point de vue d’un survivant, pour des survivants.
Quel goût a l’enfer, selon toi ?

Pour la petite histoire, sachez que ce projet a vu le jour grâce à internet. Nikopek, le dessinateur, a présenté sur le forum Café Salé quelques planches et autres recherches graphiques autour d’un “Rockabilly Z.S.“, qu’il a peaufiné grâce aux avis récoltés.Au fur et à mesure que le projet prenait forme, c’est là qu’il a rencontré Lou, le coloriste. De jour en jour, au fil des présentations des dessins, le nombre d’adeptes grandissait, à tel point que ça dépassait souvent les espérances des deux compères. Un dossier de présentation créé et un rendez-vous obtenu chez Ankama plus tard, la BD paraissait dans la collection Label 619 (Ma vie de zombie, Avec les morts, Mutafukaz). Cool story, no ?
Voila pour la genèse du projet, mais que vaut au juste ce Rockabilly Zombie Superstar ?
A première vue voilà une BD qui donne envie. Une couverture bien sympa, 90 pages colorées et remplies d’hémoglobine, de rock et de rednecks, mélangé avec des zombies par paquets de 100, vraiment, ce premier tome m’a fait de l’Å“il. En plus de l’attrait visuel, Rockabilly Zombie Superstar nous propose un scénario original qui promet de grands moments de n’importe quoi.
Pour preuve :

Billy Rockerson est l’un des innombrables sosies du King. Un soir où il se produit dans un bar, des zombies envahissent les lieux et l’un d’eux ébranle la vie jusque-là (trop) paisible du chanteur en le mordant… Un mort vivant, Billy ? L’idée le répugne, mais il a beau lutter, il sent monter en lui une rage vengeresse. Et si, au lieu de s’en prendre à de pauvres innocents comme tous ces zombies affamés, il en profitait pour régler des comptes avec son passé ? Tant qu’à faire… !

On a donc un sosie d’Elvis, chanteur raté et ignoré qui gagne comme il peut sa vie en se donnant en spectacle dans des vieux bars du sud des Etats-Unis pleins de rednecks. Heureusement pour lui, il se fait mordre par un zombie. Pas d’apocalypse de zombies, pas de survivants seuls dans une ville dévastée ni d’explications sur un virus échappé d’un laboratoire morbide : on assiste dans ce premier tome à la “métamorphose” de Billy : son appétit de chair fraîche se fait de plus en plus fort, et c’est quand il décide de se venger de son ex-femme en allant la dévorer que la tournure du scénario devient vraiment plutôt comique. Mais comme toute Å“uvre un tant soit peu inspirée par les films de Romero, il y a une forme de critique sociale basée sur le fait que dans la BD, les humains ne fuient pas les zombies : une partie de la population les a intégré dans leurs quotidiens tandis que l’autre partie veut absolument en découdre avec eux, une façon pour l’auteur de ” faire une critique sociale, de parler de ségrégation, de racisme, de la traite des noirs entre les années 30 et 50″.

planche_rockabilly2 planche_rockabilly1 planche_rockabilly3

Mais le point qui diffère Rockabilly de tous les autres, c’est qu’en devenant un zombie, Billy ne meurt pas, au contraire : il se lâche, se forge un caractère et devient plus vivant que jamais, avec la ferme intention d’en découdre avec son passé laborieux; sa nouvelle condition “sociale” de zombie le conduit à changer sa vision du monde, un monde où les humains apparaissent encore plus méprisables qu’auparavant (notamment quand un redneck crie “A mort les morts” en les écrasant sur son passage, provocant chez notre héros une colère passagère).

Nikopek et Lou assument totalement le côté décalé du titre et c’est avec un dessin atypique et une colorisation parfaite de maîtrise qu’on enchaîne les pages. Sans jamais tomber dans le grotesque des couleurs trop chatoyantes, ni dans l’effervescence de gore exagéré, le style graphique de Rockabilly Z.S. est ici brillant de renouveau dans un genre qui en avait bien besoin. Et même si le character-design est dans l’ensemble plutôt classique, la découpe des cases impose un très bon rythme soutenue par une typographie au poil : ça bouge bien et on en redemande.

On a donc une formule assez spéciale, un regard plutôt neuf sur le genre poussiéreux du zombie décomposé. Et malgré une fin peut être un peu brute qui arrive sans prévenir, Rockabilly Zombie Superstar est un premier très bon tome.

Rockabilly Zombie Superstar – 14€90 chez Ankama Editions (96 pages dont quelques artworks, format 19×27 cm)

Le blog de Nikopek

1 commentaire

  1. 1.No2

    Pour ceux qui, comme moi, on été dégoûtés par la rupture de stock de cet ouvrage et qui n’ont donc pas pu le lire:
     
    Il existe désormais une édition Intégrale ! ;)
    Je l’ai et elle a l’air assez sympathique (mais j’ai pas eu les BD d’origine pour comparer la qualité et tout et tout ! ^^).

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