Les Légions de la Haine
Si on se penche sur les histoires de zombies on se rend vite compte que le contexte est généralement contemporain au moment de la création de l’Å“uvre. Rien d’étonnant quand on sait ce que véhicule le mythe du zombie en mettant en scène la décomposition d’un monde. Quoi de plus percutant que de montrer au spectateur/lecteur la mort de son propre monde.
Évidemment il y a toujours des exceptions, certaines Å“uvres se déroulent ainsi dans le passé en frôlant l’uchronie. Mais le futur se prête néanmoins mieux à des scènes de zombification de masse. Au moins l’auteur n’a pas à composer avec la lourde trame imposée par notre passé.

C’est le choix de Zaz, l’auteur de la bande dessinée Les Légions de la Haine. Les premières pages de la BD nous informent des premières traces d’infection en 2058 et c’est près de deux siècles plus tard, en 2257, que se déroule l’action de la BD. L’humanité a quasiment cédé la totalité de la planète aux morts-vivants et seules quelques villes fortifiées subsistent, néanmoins avec un certain confort futuro-moderne et une organisation plutôt bien établie. Des politiques en costard en tant qu’élite, une force armée bien entrainée et une société éduquée et disciplinée (sans tomber dans l’habituelle “dictature du futur”, merci).
Plusieurs personnages sont alors introduis et mèneront le récit. Un jeune lieutenant charismatique, un nouveau leader politique et une jeune fille super-warrior qui intègre le corps armé. Leurs histoires vont s’entremêler afin de nous mener vers le cÅ“ur du scenario : la recherche de l’origine des zombies et leur élimination. Forcément, avec une apocalypse de plus de deux siècles et des zombies toujours aussi nombreux, l’origine du mal ne peut simplement reposer sur l’infection et la destruction des vivants, cela fait bien trop longtemps que les survivants sont en minorités et les morts en décomposition.
Du coup après des décennies d’attentisme, le gouvernement décide enfin de porter son attention sur de mystérieuses zones appelées “singularités” où plane un opaque brouillard masquant ce qui se déroule en son cÅ“ur, mais d’où les zombies semblent provenir.
Toutefois, outre la promesse de combats acharnés, un autre danger guette. Comme à son habitude, les hommes ne peuvent marcher tous ensemble dans le même sens, il y a toujours des dissidents. Un mystérieux groupuscule voue un culte aux morts-vivants et n’a qu’un objectif en tête, accélérer la perte de l’humanité.
*travelling arrière vers une cité dévastée, zombie au premier plan, fade out*
Comme on pouvait s’en douter en jetant un Å“il sur la couverture, cette BD va nous changer de nos histoires habituelles de texan perdu à la recherche de sa famille. Plutôt intelligemment mené avec trois personnages forts, un aperçu en filigrane de la société et des focus sur les batailles au sein des instances politiques et les missions militaires périlleuses hors des murs des forteresses, on plonge assez facilement dans cet étrange futur et ses mystères.
Malgré un premier tome un peu chaotique où pleins d’infos et de flashbacks se percutent de partout, on ferme un tome avec l’envie d’ouvrir le suivant illico, ce qui est en soi une bonne chose.

Néanmoins, la BD n’est pas exempte de défauts qui brideront surement l’enthousiasme de certains. Au premier rang des points négatifs on soulèvera d’emblée le dessin. Réalisé par un certain “Studio Monochrome“, il laisse perplexe. Certains aspects font très manga avec des musculatures délirantes, des coupes de cheveux improbables et l’impression que tous les corps et visages se ressemblent, de l’autre coté la coloration et l’organisation des planches sont désespérantes de classitude. On notera tout particulièrement les bulles, carrées, horribles et où on craint d’apercevoir les contours de la police Comic Sans MS (FEAR§§). Les zombies aussi laisseront sur leur faim les amateurs du genre. Peu décomposés, tous des hommes de la même taille, nus avec des muscles saillants et une crinière de félins, mouais.
Passé cette difficile adaptation graphique, des détails du scénario énerveront les plus pointilleux. On ne détaillera pas pour éviter les spoilers mais certains “problèmes” rencontrés font un peu tâche dans un monde futuriste où les militaires ont des gros flingues, des supers combinaisons (sans casques, wtf ?) et des modifications génétiques. On espère que le scenario ne virera pas au grand n’importe quoi injustifié dans les prochains tomes.
Pour conclure, ces deux premiers volumes des Légions de la Haine vous changeront des histoires habituelles de zombies, ce qui en soi est déjà un bon point, à conditions de fermer les yeux (ah pas facile pour lire) sur ses quelques imperfections.
Les Nuls auraient dit : “Bien, mais pas top“.
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Les Légions de la Haine
Tome 1 : Cheval d’Acier (janvier 2010)
Tome 2 : L’ennemie invisible (juin 2010)Scenario : Zaz
Dessin et couleur : Studio MonochromeEditeur : Kantik
Site officiel (previews de chaque tome disponible sur le site)






2 commentaires
J’ai lu le tome 1 quand il est sorti, et il est pas mal, bien que j’ai préferé la Divine Comédie…
RépondreLes deux sont très peu comparables, d’ailleurs Les Légions de la Haine se différencie vraiment de tout ce qu’on peut lire et voir sur le sujet. A un point où ça en devient spécial. M’enfin, comme on disait avec Niam l’autre jour, ils auraient mieux fait de confier le dessin à quelqu’un d’autre.
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