Carriers – Infectés

Les plus réveillés d’entre vous pourrez s’étonner de trouver une chronique du film Carriers sur TuezLesTous, site dédié aux zombies (on rappelle au cas où). En effet, ce film qui bien qu’il traite d’un virus particulièrement virulent, met en scène ni zombies, ni mêmes des infectés, bref aucun êtres humains bouffeurs d’autres êtres humains. Néanmoins en se focalisant sur les questions de survie, le film se rapproche très fortement des thèmes abordés lors d’apocalypse zombie, ce qui explique notre intérêt !
On y retrouve donc des problèmes comme la recherche de produits de première nécessité, la cohabitation avec d’autres survivants ou la protection contre d’éventuelle contamination.
C’est notamment sur ce dernier point que Carriers, traduit en français par Infectés, mérite de passer entre nos crocs acérés.
Nous avons donc découpé et mâchouillé longuement ce film américain réalisé par deux frères espagnols, Alex and David Pastor.
Sorti en septembre 2009 aux Etats-Unis et en mai 2010 sur nos écrans, le projet a d’ailleurs un temps été conservé dans les cartons alors qu’il était terminé depuis 2007. Ce retard s’explique par des réorganisations internes entre Paramount et Paramount Vintage, le distributeur, et par le fait que le film n’était pas véritablement en tête de liste des priorités.
Après quelques images d’un vieux film de vacances montrant deux enfants jouant sur une plage, nous faisons directement connaissance avec les quatre protagonistes de ce drame sanitaire. A première vue ils ont l’air d’une bande de potes : deux mecs, deux filles.
Le premier couple semble un poil plus vieux que le second, mais personne ne dépasse la trentaine dans la Mercedes grise qui fonce à tombeau ouvert sur une route déserte baignée de soleil. Des planches de surf et des valises sur le toit, “The Road Warrior” (titre du second Mad Max) écrit à la bombe noire sur le capot, on dirait bien que le monde ne s’est pas encore écroulé.
Impression trompeuse et vite balayée dès l’apparition d’un 4×4 arrêté au travers de la route et leur barrant le passage.
Notre quatre jeunes à la cool change alors de ton : arrêt brusque de leur voiture à distance du SUV, fermeture des fenêtres et masques chirurgicaux mis en place sur leur bouches. Ok, en fait le monde s’est bien effondré lamentablement…
Le road trip commence donc ici pour nous, sur une route semi-désertique, avec pour destination un motel abandonné au bord de la mer. Sans fournir aucune explication sur l’origine du mal et sans revenir sur l’effondrement de la civilisation, le film plonge le spectateur directement dans le quotidien de nos quatre survivants entre la recherche de moyen de locomotion ou de lieux sûrs pour dormir et bien sûr la gestion de quelques imprévus. Le pitch est classique, la destination un peu vaine et tout naturellement le film monte en charge progressivement ; progressivement mais surtout lentement.
Il faut dire que nos quatre compères ne sont pas des as de la survie et pas des flèches tout court.
A chaque évènement leurs réactions sont tout bonnement énervantes. Nous ne détaillerons pas afin d’éviter tout spoiler, mais c’est avec un certain fatalisme que l’on admire cette troupe de couillons tomber un à un dans tous les pièges tendus par les scénaristes.
Ils sont tellement peu débrouillards qu’on en vient même à s’étonner qu’ils soient encore en vie, Darwin aurait sûrement détesté ce film qui tend à nier complètement sa théorie de l’évolution.
Heureusement pour eux, l’apocalypse qu’ils traversent semble néanmoins pas bien méchante. Alors bien sûr, un virus particulièrement implacable traîne dans l’air mais le monde est plutôt désert et les quelques survivants croisés sont assez inoffensifs.
Nous avons alors le privilège d’assister à l’enchaînement d’à peu prés toutes les scènes typiques que l’on puisse retrouver dans un film post-apo. Problème, on ressent vite cette impression d’être devant un catalogue tant les enchaînements sont quasi inexistants et chaque scène n’est pas assez creusée.
C’en est de même pour les personnages, bien que particulièrement caricaturaux, ils sont utilisés à minima. Chacun de leur caractère sert à un moment du film comme une clé qui ouvre une nouvelle porte mais aucune véritable interaction ne se crée entre eux. Le mec musclé prend des décisions, l’intello résout des énigmes, la fille froide est quasi invisible tout le long du film jusqu’à ce qu’elle intervienne pour balancer son pragmatisme glacial (ouh la méchante) et la pouf fait que des conneries.
Difficile donc de maintenir son attention et de ressentir ne serait-ce qu’un petit peu d’angoisse pour notre joyeuse troupe de débiles. Les scènes défilent sans surprise, tout est bien trop prévisible…
Le film tomberait définitivement dans la poubelle à navet s’il n’y avait néanmoins à noter un bel effort quant à la réalisation et la mise en scène. Rapporté à son faible budget, Carriers s’en sort finalement pas trop mal. L’image est propre, les décors, bien que minimalistes, sont convaincants et les acteurs jouent leur rôle sans être ni mauvais ni exceptionnels.
On a devant les yeux un joli produit et c’est ce qui énerve le plus, tant l’impression de gâchis se fait ressentir au final. Dommage…
Réalisateurs & scénaristes : Àlex Pastor & David Pastor
Casting : Lou Taylor Pucci, Chris Pine, Piper Perabo, Emily VanCamp, Christopher Meloni, Kiernan Shipka.Origine : Etats-Unis
Durée : 1h24
Sortie US : 4 septembre 2009
Sortie française : 26 mai 2010
Disponible en DVD/BR






3 commentaires
Je ne vois qu’un mot pour le définir: Merdique!
RépondreJ’ai trouvé l’ambiance assez chouette, surtout le passage dans l’école avec les enfants, ça fait assez froid dans l’dos… Les personnages principaux me semblent un peu jeunes, ça m’a donné l’impression de regarder un road movie pour ados, alors qu’au final le film est assez noir dans l’ensemble.
Pas un incontournable mais ça se laisse regarder tranquillement.
RépondreJe suis assez d’accord avec ta critique, c’est le même sentiment de gâchis que j’avais éprouvé en voyant le film en salle il y a un peu plus d’un an. Faire un film de zombie aujourd’hui est difficile (même Romero s’est crouté sur son dernier essai). Heureusement qu’il y a eu Zombieland en 2009 !
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