Virus Morningstar – T1 : Le Fléau des Morts
Le Fléau des Morts (Plague of the Dead) est le premier tome de la saga “Virus Morningstar” écrite par un jeune romancier américain, Z. A. Recht. Publié pour la première fois aux Etats-Unis en 2006 ce premier volume est suivi en 2008 par Thunder & Ashes. La saga restera néanmoins inachevée suite au décès de l’auteur en décembre 2009 à l’âge de 26 ans.
Fort d’un bon accueil de la part du public anglo-saxon, cet ouvrage a été traduit en français en décembre dernier par la jeune maison d’édition Eclipse qui nous propose un ouvrage bien packagé (papier épais, marque page détachable, belle couverture, etc), malgré quelques regrettables coquilles.
Le pitch du roman ne fait pas dans l’extravagance. Un virus appelé « Morningstar » apparaît en Afrique et se répand sur tout le continent, ce qui conduit les instances internationales à mettre en place une gigantesque quarantaine. Forcément le virus finit tout de même par se propager au reste du monde, déclenchant une apocalypse mondiale.
Ce récit est présenté par le biais de différents personnages tels des médecins, militaires et journalistes, tous en première ligne de l’infection de par leur métier.
Par la force des choses, ces différents personnages finissent par former deux groupes. Le premier se constitue autour d’un bataillon expéditionnaire de l’armée américaine chargé de la mise en place d’une quarantaine africaine en Égypte et témoin direct de la lente avancée meurtrière des zombies. Le second groupe est constitué d’une journaliste et d’une femme médecin aux États-Unis, toutes deux prises dans les méandres de la désinformation gouvernementale visant à cacher la propagation incontrôlée du virus hors d’Afrique.
Les deux récits finissent immanquablement par se rejoindre à la fin de ce premier tome et ouvrent la voie à des développements futurs. En attendant ces futures retrouvailles, Le Fléau des Morts nous présente les aventures de chaque groupe.
Nous ne rentrerons pas dans les détails, afin de ne pas vous gâcher les quelques surprises de l’intrigue, néanmoins ne vous attendez pas à des scènes ultra novatrices. Les situations traversées par nos valeureux héros sont convenues et déjà vues. Ce sentiment est par ailleurs renforcé par l’aspect très caricatural des différents personnages. N’allez donc pas chercher de la psychologie, de la finesse, du doute ou des nuances dans les comportements humains. Le militaire est charismatique et paternaliste, l’infirmière est dévouée, le journaliste est intrépide et impertinent, etc. On les imagine tous beaux, forts, intelligents et incroyablement pétris de bons sentiments. Où est donc passée la nuance ? Le summum est atteint avec l’introduction de personnages “méchants”… De véritables méchants ; sadiques, bornés et pas crédibles une seconde. On vise ici l’efficacité par la simplicité, pas la justesse.
Forcément, avec des quasi super-héros de l’apocalypse, les situations basculent souvent dans l’ultra artificiel. Ainsi chaque personnage sacrifié l’est pour une raison bien précise : soit par choix héroïque, soit pour confirmer les qualités d’un autre personnage (je t’avais dit de ne pas aller par là, u noob). Heureusement, l’auteur s’est prévu un stock très large de brebis à refiler aux loups, et c’est même avec un certain soulagement qu’on voit, très rapidement, disparaître des noms qui finissaient par embrouiller la clarté du récit (merde c’était qui Kevin, oh on s’en fout en fait).
L’intrigue n’est pas des plus solides non plus, trop souvent fragilisée par des incohérences ou des concepts complètement putassiers (à priori la NSA est avant tout composée d’informaticiens et d’ingénieurs plutôt que de gros bras badass).
Cette accumulation d’incohérences nuit à l’immersion du lecteur et conduit à une lecture quelque peu distraite.
Heureusement, le rythme assez soutenu permet de garder le lecteur éveillé. En effet, le récit enchaîne les scènes d’action et change régulièrement de terrain de jeu, que ce soit en passant d’un groupe à l’autre ou en suivant les péripéties de nos survivants voyageant un peu partout sur le globe. A l’instar d’une série comme 24 Heures Chrono, Le Fléau des Morts énerve autant qu’il captive. On enchaîne donc les chapitres très rapidement jusqu’au point final et l’attente de la sortie du second tome.
Revers de la médaille, en misant beaucoup sur l’action, il est difficile de tenir la longueur et toutes les scènes ne sont pas au même niveau. On notera par ailleurs que l’auteur s’en sort finalement mieux lors des scènes de suspens ou de tension.
Mais globalement, le style reste un poil trop basique pour nous transporter complètement.
On retrouve ce même souci d’efficacité dans la description des zombies. Pierre angulaire de toute œuvre du genre, les caractéristiques des zombies conditionnent toujours le reste des récits, d’où l’importance de travailler cette question pour obtenir une œuvre cohérente et intéressante. L’auteur use d’une pirouette assez agile en mixant zombie classique (mort-vivant) et infectés. Ainsi, un virus est à l’origine du mal, il transforme en furie tous les êtres humains contaminés, mais en plus, une fois ceux-ci tués, leurs cadavres reviennent à la vie. Facile mais efficace.
On s’étonnera néanmoins de l’absence relative de scènes gores ou de toute impression de danger. Tout ça semble bien trop gentil pour une fin du monde.
Pour finir, on ne peut s’empêcher de comparer cette œuvre avec le roman World War Z de Max Brooks, sorti quelques mois après (bien que le Guide de survie soit par contre antérieur – 2003). Globalement les deux ouvrages sont assez différents, bien qu’on y retrouve étrangement deux scènes très ressemblantes, lorsque les forces américaines tentent de marquer un coup d’arrêt à la propagation par une posture défensive.
Le roman de Max Brooks s’en sort néanmoins mieux, notamment parce qu’il est plus abouti, plus sombre et peut être plus mature.
On notera toutefois un effort intéressant de la part de Z. A. Recht pour traiter de la propagation du virus via les thèmes de la mondialisation, des mesures internationales ou de la désinformation gouvernementale.
Roman simple et efficace, nous conseillons donc Le Fléau des Morts aux amateurs du genre en recherche de leur dose de zombies ou pourquoi pas comme un tremplin vers World War Z pour nos plus jeunes lecteurs. A l’image d’un bon blockbuster ou d’une série d’action bien ficelée, l’ouvrage propose quelques heures divertissantes de lecture en pleine apocalypse. On attend le second tome, prévu dans quelques mois, toujours chez Eclipse.
Le Fléau des Morts – Plague of the Dead
par Z.A. RechtFait partie de la saga Virus Morningstar
Sortie le 19 novembre 2010 en France
Éditeur : EclipseSortie aux Etats-Unis le 1er décembre 2006






4 commentaires
Féru de littérature zombie (j’en ai lu… un nombre incalculable), j’ai lu Plague of the Dead et sa suite, Thunder and Ashes. Et ma foi, j’aurais du mal à les recommander, tout bonnement à cause du décès de l’auteur… Les 2 tomes finissent +/- sur des cliffhangers qui donnent évidemment envie de lire la suite, et c’est après avoir fini le deuxième, en cherchant quand sortirait le 3ème que j’ai appris la nouvelle… et je vous laisse imaginer le sentiment de frustration de ne jamais savoir comment ça va se terminer… >_<
RépondreEt sinon comme dit dans l’article rien de révolutionnaire en effet, mais j’étais effectivement “en recherche de ma dose de zombies”!
Prochain bouquin sur mon chevet : Ex-Heroes, Zombies Vs Super-héros… peut-être un peu de nouveauté?
Je serai bref (trop claqué pour écrire ^^).
RépondrePour moi le meilleur roman de Zombies ! (Oui oui, je le place avant WWZ …)
Nicolas.
Faut pas chercher très loin :
Répondrehttp://www.tuezlestous.com/2011/06/virus-morningstar-t-2-les-cendres-des-morts-7461/
La suite (et la fin) prévue fin 2011 en fait au States avec le titre Survivor.
bonjour
Répondrej’ai le tomme 2 les cendres des motrs mais impossible de trouver le 1