Midnight Movie

Quand nous avons appris la sortie d’un roman signé par Tobe Hooper, l’homme de Massacre à la tronçonneuse et de Poltergeist, l’un des maîtres de l’horreur américain, nous sommes restés quelque peu étonnés. L’ouvrage est toutefois co-écrit avec Alan Goldsher, à qui l’on doit récemment Paul is Undead : The British Zombie Invasion (2010) un roman flirtant entre les Beattles et les zombies, à priori sans grand intérêt.
Midnight Movie, cette étrange association qui a tout l’allure d’un prête-nom, est sorti chez nous en exclusivité mondiale à la fin du mois de mai.
L’histoire sonne comme une grosse mise en abîme. Tout commence lors de la projection du premier film de Tobe Hooper, Destiny Express réalisé 15 ans plus tôt. Or, la séance devient l’origine d’une épidémie zombie qui s’étendra à travers tout le pays. L’épidémie mortelle est toutefois contenue par les autorités qui décident par ailleurs d’étouffer l’affaire.
Intervient alors Alan Goldsher, jouant également son propre rôle et devenant le narrateur. Il nous explique que l’objectif de son livre est de mener l’enquête sur ce qui s’est réellement passé lors de cette mystérieuse crise, via la collecte d’une série de documents et de témoignages.
Après une longue première partie qui revient sur cette fameuse séance (la dernière nous dirait Eddie Mitchell), la seconde se concentre sur l’épidémie et se révèle être bien meilleure et plus originale. On se retrouve confrontés à des évènements plus bizarres les uns que les autres. Goldsher nous dresse le récit de cette histoire à travers des interviews de ceux qui ont vécu les évènements et de documents qu’il a pu drainer sur internet, malgré les dispositions que le gouvernement a pris pour tout effacer. Durant la lecture, on passe donc d’un témoin à un autre, et de support en support. On trouve également des articles de blogs, des twitts, des chroniques de sites spécialisés dans la culture zombie, ou encore les traditionnels journaux intimes.
Dans un premier temps les initiés ne pourront s’empêcher de noter une ressemblance avec le roman World War Z de Max Brooks. Mais le procédé apparaît bien plus comme un moyen pratique pour simplifier la rédaction du roman, laissant complètement de coté toute tentative littéraire.
Neanmoins, ce procédé d’écriture a par ailleurs un avantage intéressant, il permet en effet de découvrir les ressentiments des infectés lors de leur propre transformation. A ce titre, cette transformation se manifeste par plusieurs symptômes qui varient selon les cas. Certains voit leur libido exploser avec un besoin de sexe pouvant aller, dans le pire des cas, jusqu’à la mort. D’autres se délectent d’une violence extrême et ont pour unique obsession de propager la mort et la destruction. Ils sont aussi décris comme des personnes totalement dépourvues de sens moral, cherchant à emmener le plus de victimes dans leur folie. Une caractéristique qui n’ait d’ailleurs pas sans rappeler celle des infectés du comic Crossed ou du film The Crazies. Mais même si les personnages sont un peu clichés, il est assez plaisant, voire jouissif, de suivre leur évolution.
Il est aussi intéressant de voir comme le lecteur peut être pris par l’enquête, jusqu’à revenir quelques pages en arrière afin de comparer certains documents.
Enfin, au delà de l’histoire, le roman sert également de prétexte à Tobe Hooper pour nous livrer quelques réflexions personnelles sur sa vie, ses films, sa manière de travailler, mais aussi sur son approche du cinéma et notamment du cinéma d’horreur. A ce titre, nous vous invitons à lire l’interview de Tobe Hooper que nous avons réalisée à l’occasion de la sortie du livre.
Pour conclure, Midnight Movie est en deçà des autres oeuvres du genre et n’innove pas. Il pourra néanmoins intéresser les fans de Hooper et de son cinéma.
On aurait pu en attendre un peu plus de la part du réalisateur, mais au vu du résultat, on se dit surtout qu’il n’est pas fait pour l’écriture.
Midnight Movie
de Tobe Hooper et Alan GoldsherSortie le 26 mai 2011
Publié chez Michel LafonISBN-13 : 978-2749914145





2 commentaires
Je suis en train de le lire et, franchement, je suis bien d’accord avec la conclusion de Filo. Je ne suis même pas sur que les fans de HOOPER s’y retrouve.
RépondreÂ
Je l’ai enfin fini (pour être sur de ne pas louper le bon passage) et …, à mon gout, c’est une grosse daube. Mais bon, c’est juste mon avis.
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