La Rage
La Rage présente un nouveau virus qui touche uniquement les enfants, les transformant en meurtriers sanguinaires incontrôlables, attaquant systématiquement toute personne adulte. Grâce au développement naturel des hormones sexuelles, le virus peut être anéanti et le contaminé redevient petit à petit normal avec l’arrivée de la puberté. C’est dans ce contexte qu’une mère tente de retrouver son enfant infecté par le virus. Pour ce faire, elle intégrera les forces gouvernementales en tant qu’infirmière.
A la seule lecture de ce pitch, on est curieux. C’est bien la première fois, dans ce genre de BD, que des enfants sont le cœur du récit et surtout, qu’ils représentent eux-même la menace à éradiquer. Du coup, on se dit “cool, une BD qui ose”, et on n’a qu’une envie, c’est de la lire d’une traite.
Pour une fois, l’histoire prend place en France (malgré le fait que ce soit peu exploité). Tout commence le alors que la pandémie s’est déclarée depuis deux ans, et les adultes encore en vie cherchent un moyen de l’éradiquer. Les infectés de La Rage sont assez classiques, la seule différence étant que le virus ne concernant que les enfants, une morsure ne vous contaminera pas.
En suivant le personnage d’Amina Rivière, on en apprend plus sur la situation globale : ainsi, ce qui reste de la France est partagé entre le camp gouvernemental cherchant un vaccin et des “rebelles” traquant tous les enfants encore en vie pour les tuer. Tout ça est bien joli, mais la mise en scène est assez quelconque : rien ne décolle vraiment, l’action est amenée de façon somme tout classique et le sadisme qu’on était en droit d’attendre dans ce tome n’a pas été développé. Tout reste très sage, avec une violence édulcorée, sans véritable tension, hormis quelques passages sympatoches mais plutôt brefs. Qui plus est, le personnage principal, Amina, n’est pas particulièrement charismatique et son rôle reste plutôt anecdotique.
Le scénario global manque de piquant, de ce petit truc qu’on se prend dans la gueule et qui dérange. Pourtant tout était là : les enfants tueurs, la promesse d’un carnage totalement immoral et sanglant, l’hésitation à tuer sa progéniture, l’impact de la limitation des naissances sur le monde adulte, etc.
Au lieu de ça, et même si la lecture de ce premier tome de La Rage n’est pas non plus désagréable, on se retrouve avec un scénario qui n’assume jamais véritablement cette particularité qui, comme on le disait en introduction, attire le lecteur.
Si on ajoute à ça un dessin de style franco-belge peu détaillé (bien que gagnant en finesse au fil de la lecture), une colorisation correcte mais sans plus et un découpage des cases très classique, on referme ce premier tome de La Rage avec une impression mitigée. Dommage, car les premières pages du livre sont particulièrement prometteuses, plongeant efficacement le lecteur dans l’ambiance, et quelques flashbacks bien vus donnent un peu d’épaisseur au background. On espère quelque chose de plus étoffé pour le prochain volume.
En conclusion, on peut dire que La Rage, sans être déplaisant, ne tire pas assez profit de son scénario axé sur les enfants et manque d’un peu de piment dans la mise en scène. A recommander aux curieux, mais les fans de zombies et d’infectés risquent de rester sur leur faim.
La Rage
Editeur : 12bis
Dessin : Malo Kerfriden
Scénario : Pierre Boisserie
Sortie le : 25 août 2011
24x32cm / 48 pages / 13.50€
Site officiel








3 commentaires
Lu hier. Personnellement j’ai été plus déçue que vous… Notamment sur le personnage principal, qui est insupportable.
RépondreLu hier. Je suis plutôt bon public (oui, comme la chanson) mais là je n’ai pas compris pourquoi il y avait tant de battage autour de cette bd. Pas très originale scénaristiquement (ce que je ne lui reproche pas, c’est difficile de renouveler le genre), le dessin n’est pas transcendant et la mise en page ne m’a provoqué aucun frisson. Il y a des bds z que je ne lâche pas, de la première à la dernière page. Là, pardonnez-moi l’expression mais le livre m’est tombé des mains. C’est suffisamment rare chez moi pour que je m’y attarde. Bon public j’ai dit, donc j’attendrai de voir si les prochains tomes sont plus haletants. Mais pour celui-là, pétard mouillé.
RépondreLe gros problème de ce premier tome c’est qu’ils veulent beaucoup trop en dire pour placer l’action. On découvre le début de l’épidémie, ce qu’il se passe 2 ans après, ainsi que tout ce qui concerne le virus (fonctionnement etc). Il n’y a plus trop de mystère surtout avec le cliffhanger finale qui est tellement téléphoné et ne donne quasiment plus envie de lire la suite.
Du coup, l’ambiance passe complétement en second plan et ce n’est pas assez détaillé.
En prime j’ai senti comme une impression de melting-pot de plein d’autres oeuvres (par exemple Les Fils de l’Homme mais en complétement édulcoré). Il manque vraiment une touche particulière, propre à la BD.
Et comme le dit nico, la particularité du virus est vraiment pas assez bien exploité et le style graphique est très plat (que ce soit le dessin ou les couleurs qui sont très ternes).
Le seul point intéressant est d’avoir placé l’action en France, mais leur France ressemble trop à Disneyland ou plutôt au Parc Asterix. Y’a tellement a faire avec une bd de zombie qui se passerait chez nous en exploitant tout nos particularisme (en oubliant le béret et la baguette, please !), c’est dommage.
Bref, c’est globalement assez raté.
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