Zombies - Tuez les tous

Le site de la culture Zombie

Dead Inside

Nous le savons bien, la plupart des œuvres zombies proviennent des États-Unis, berceau de la culture zombie. Là bas, les zombies sont totalement implantés dans le paysage au point que tout le marché culturel est globalement saturé par des œuvres du genre. Mais loin des gros blockbusters éhontés ou des livres d’auteurs-blogueurs peu inspirés, cet engouement permet aussi de voir apparaître de joli objet à l’image de Dead Inside.

Néanmoins, avant de vous parler du livre, il faut revenir sur ses auteurs. En effet, nous devons ce livre au site Lost Zombies et plus particulièrement à sa communauté. Lost Zombies est un réseau social en ligne dans lequel les utilisateurs sont invités à poster du contenu en se mettant dans la peau d’un survivant en pleine apocalypse zombie. Il n’y a pas véritablement de règles et il ne s’agit pas d’un jeu, mais simplement d’un grand bac à sable où chaque utilisateur fantasme sa survie virtuelle. Les membres peuvent ainsi diffuser sur le réseau des vidéos, des photos ou des textes. Le concept semble un peu loufoque, mais le résultat est clairement là puisque 4 ans après son lancement le site compte 19.000 membres, 1.700 vidéos et 15.000 photos. Mais les créateurs avaient également en tête d’exploiter cette communauté pour produire de véritables œuvres et notamment un film. Le projet Dead Inside est donc né lorsque les créateurs ont décidé de faire un livre et ont invité les utilisateurs à y participer directement en envoyant du contenu. On peut à ce titre considérer Dead Inside comme une véritable œuvre de fans, faite par des fans.

Mais alors, qu’est ce que Dead Inside ? Il s’agit d’un livre illustré, une sorte de scrapbook, regroupant des messages laissés par des survivants lors d’une apocalypse zombie.
En introduction, l’ouvrage cadre et situe la narration grâce à une courte chronologie et une page de garde explicative. Nous sommes donc dans un futur proche dans l’ouest des États-Unis alors qu’une pandémie de grippe a transformé la majorité des vivants en zombies. Afin de justifier son existence, l’ouvrage utilise également l’artifice du “found footage” que l’on retrouve généralement au cinéma. Ainsi, il est indiqué que tous ces documents ont été retrouvés dans un sac à dos, sans que nous sachions exactement qui les a collectés et pour quelle raison. Quoi qu’il en soit, ils forment un témoignage des événements, livrés bruts et sans commentaires. Ce choix narratif est particulièrement efficace puisqu’il laisse au lecteur le soin de décrypter les messages et de se construire sa petite histoire.

D’un point de vue bien plus concret, l’ouvrage tire toute sa force de la variété des messages regroupés et de la simplicité de la mise en page. Ainsi, chaque page affiche un seul message, scanné sur fond noir, sans légende. Pour ce qui est des messages à proprement parler, ils dressent un panorama assez complet des différentes situations qui pourraient émerger d’une telle catastrophe. On retrouve donc des messages personnels adressés à des proches (“je vais bien”, “je suis parti à tel endroit”, “j’ai été mordu”, etc), des confessions (page de journal intime, dessin d’enfant, derniers mots avant de mourir, etc) mais aussi des messages “publics” laissés pour les autres survivants (avertissements, informations, etc).
Pour chacun de ces messages, tout a été travaillé pour être le plus réaliste possible et pour faire passer en quelques mots tout un univers, un ton et un sentiment. Les auteurs ont donc exploité au mieux ce qui caractérise un message : son support, la forme de l’écriture et le message en lui même. Ce souci du détail permet au lecteur de mener en quelque sorte sa petite enquête pour comprendre ce qui se cache derrière ces quelques mots laissés par un anonyme. Aux premiers abords, on identifie donc le support qui permet d’imaginer le moment où a été laissé le message. Ainsi, il y a une grande différence entre un post-it laissé sur un frigidaire, une page de cahier ensanglanté ou un graffiti sur un mur.
Ensuite, le regard se porte sur le message et notamment l’écriture qui nous donne des indications sur l’auteur du message. En effet, il est facile de distinguer une écriture d’enfant de celle d’un adulte, et une écriture posée d’un gribouillis quasiment illisible.
Enfin, nous découvrons le message en lui même, témoignage de cette apocalypse.

Il se dégage alors de l’ouvrage un sentiment étrange puisque le lecteur plonge avec facilité dans cet univers en oubliant au final que tout ça n’est que fiction, preuve en est que le travail a été réalisé à la perfection.
Ce résultat doit d’ailleurs énormément à la multitude d’auteurs qui ont participé à l’ouvrage et en premier lieu à la participation de la communauté Lost Zombies. Cela a en effet permis de multiplier les facettes exploitées par l’ouvrage, mélangeant des messages dramatiques classiques à d’autres beaucoup plus étonnants et parfois très drôles. Ce sont même ces nombreux messages cyniques ou terriblement pragmatiques qui donnent un véritable cachet à l’ouvrage en évitant de le faire stagner dans du pathos et des lieux communs.
Au fil des pages, on ressent alors le poids de tous ces témoignages, surtout qu’ils deviennent de plus en plus tragiques lorsque l’on avance dans l’ouvrage.

Indéniablement, ce recueil est à la fois une belle découverte et un très bel objet. Proposé à la vente sur le site Lost Zombies ou sur divers site de VPC, il constitue une pièce insolite et rafraîchissante dans un univers zombie bien trop souvent soumis aux lois du marketing.

Dead Inside

Auteur : The Lost Zombies
Editeur : Chronicle Books
Origine : États-Unis
Langue : Anglaise
Date de sortie : 1er octobre 2011

4 commentaires

  1. 1.MacGivre

    Mince ! Vous me donnez envie… Mais en français de préférence… Je risque d’attendre longtemps. :/

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  2. 2.Tornusius

    La vache il a l’air trop cool et tant pis si la trad n’est pas assuré avant un petit bout (ce qui va être le cas je pense) je l’achèterais en anglais si il le faut  ! J’ai toujours voulu voir un livre ou du moins un cahier regroupant des msg de survivants et notamment ceux d’enfants car on les oublies trop car ça choquerait le public mais moi je trouve que le réalisme serait au rdv et franchement vous me donnez trop envie de le lire rien que la mise page est très original et intéressante, ça fait authentique. C’est un peu comme si un survivants lambda décide de recueillir tout ces témoignages pour ainsi en faire un livre mémoires pour les générations futur ou pour son plaisir personnel car il pense qu’en les recueillant les auteurs de ces messages sauront que leur mémoires sera honorés et non oublié dans les tréfonds de l’histoire Humaine (après c’est qu’une conjecture mais qui sait).

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  3. 3.NIAM

    Je doute fort qu’il y ait un jour une traduction de l’ouvrage, ça serait trop compliqué puisqu’il faudrait refaire tous les messages. Ceci dit, l’anglais utilisé est quand même très simple, c’est pas de la grande littérature.

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  4. 4.Garraty

    ça fait vachement envie.
     
    Vous êtes un site dangereux, je commence à m’acheter beaucoup des livres que vous critiquez. XD
    Celui-là, je l’ai reçu hier, effectivement, en le feuilletant un peu, ça a l’air très facile d’accès.

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