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Les Zombies Studies

TuezLesTous s’associe aujourd’hui avec Julien B., étudiant en 5eme année de médecine à l’université de Lyon qui s’est penché au cours de son cursus sur la question des Zombies Studies, un phénomène apparu il y a maintenant quelques années.

Nous vous livrons ici une version allégée de son étude, que nous mettons toutefois à la disposition des plus curieux d’entre vous dans son intégralité à la fin de l’article.

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Le terme de Zombies Studies peut vous paraître quelque peu mystérieux mais il englobe des sujets dont nous avons déjà parlés sur le site. En effet, conscients de l’intérêt croissant pour les zombies, plusieurs chercheurs ont décidé de conduire des études en utilisant le zombie comme sujet de réflexion. Cette utilisation revêt ainsi différentes finalités, certains utilisant le zombie pour faire de la pédagogie, là où d’autres l’exploitent comme un véritable outil d’analyse.

Sur ce sujet, l’association américaine Zombie Research Society, fondée par Matt Mogk, apparaît comme la figure de prou de ce phénomène en regroupant des auteurs de science fiction, comme Max Brooks, et de nombreux scientifiques utilisant le zombie comme sujet d’étude. Ce regroupement d’amateurs de zombies aborde ainsi régulièrement la mythologie zombie d’un point de vue pratique.

Le zombie comme outil pédagogique
Les frères Madore, se déclarent créateurs de la « nécropologie ». Ils n’utilisent pas le zombie pour se rapprocher de l’Humain mais se centrent sur le mort-vivant pour développer une science purement zombie. Dans leurs différents rapports, ils se servent des caractéristiques biologiques humaines connues pour retrouver celles des zombies, différentes par essence du fait de leur statut. Ainsi, ils cherchent à comprendre comment les zombies font la différence entre vivant, mort, et mort-vivant, et émettent l’hypothèse qu’ils ont une protéine rétinienne (la Rhodopsine) présente chez eux à une concentration plus forte que chez un humain en vie, leur permettant ainsi d’avoir une vision infrarouge et de repérer l’empreinte thermique des êtres vivants. Ils se questionnent aussi sur la capacité qu’ont les morts-vivants de se mouvoir et d’agir même sans boire ni manger. Ils bâtissent ainsi leur réponse sur la photosynthèse : « La principale source de ‘nourriture’ pour un zombie est la lumière ». Les exposés des frères Madore, bien que fantaisistes lorsqu’ils abordent le thème des zombies, permettent néanmoins une nouvelle forme de pédagogie. Ainsi chaque fonction biologique des zombies est mise en parallèle avec celle des humains, ce qui permet lors de brefs résumés de transmettre un peu de savoir (mécanisme de la vision chez l’homme, ou sur la production énergétique liée au métabolisme).

Deux neuro-scientifiques américains, Bradley Voytek et Timothy Verstynen, étudient quant à eux le CDHC (Consciousness Deficit Hypoactivity Disorder), regroupant ataxie cérébelleuse, amnésie antérograde, anesthésie thermo-algique, distractibilité, et fausses reconnaissances (imiter un zombie peut faire croire aux zombies que vous êtes l’un des leurs). Ces deux scientifiques sont même allés jusqu’à créer de fausses coupes de scanner cérébral pour comparer cerveau zombie et cerveau humain. Conscient de l’intérêt pédagogique d’utiliser le zombie comme sujet de recherches, Voytek a même déclaré : « Si quelqu’un apprend accidentellement quelque chose sur le cerveau en lisant cela, alors j’aurai atteint mon but ».

Le docteur Steven C. Schlozman, psychiatre à Harvard et membre de la ZRS s’est également penché sur la question que ce soit dans des études scientifiques ou dans son roman The Zombies Autopsies. Il définit le zombie comme une personne atteinte du ANSD (« Ataxic Neurodegenerative Satiety Deficiency Syndrome »). Ce syndrome regroupe une atteinte du lobe frontal (qui contrôle « l’impulsivité »), du cortex cingulaire antérieur (qui module les émotions comme la rage, générées dans l’amygdale), du cervelet (causant la marche ataxique caractéristique des zombies, avec une démarche lente, ébrieuse, et mal assurée), et du noyau ventro-médian de l’hypothalamus (responsable de la sensation de satiété).

Enfin, Robert Smith du département de mathématiques de l’Université d’Ottawa, a proposé de développer une épidémiologie du zombie en comparant plusieurs modes de développement de l’infection et plusieurs types de réponse à celle-ci (traitement de l’infection, mise en quarantaine, euthanasie des malades). Ses résultats, bien que plutôt pessimistes dans l’hypothèse d’une réelle épidémie zombie (« une épidémie de zombies conduirait à la chute de la civilisation, à moins qu’elle soit rapidement réglée »), semblent selon lui découler d’une méthode qui pourrait faire ses preuves dans des situations réelles (« adhésion à des partis politiques » ou pour « des maladies avec une infection latente »). De plus, il se sert de son article dans un but de vulgarisation et d’extension du domaine de la recherche épidémiologique, déclarant que son travail « démontre la flexibilité du modelage mathématique et montre comment le modelage peut répondre à une grande variété de challenges biologiques ».

Le zombie comme outil scientifique
Souvent proche de la réanimation, l’anesthésie a aussi eu droit à son étude zombie. Mashour et Larock posent le postulat d’un zombie inverse, « qui a l’air d’être inconscient mais qui est en réalité conscient ». L’apparence d’inconscience est ici définie par « l’absence de réponse à des ordres verbaux », « l’absence de réponse verbale spontanée ou provoquée », « l’absence de mouvements spontané ou provoqué », et par « l’absence de réponse à un stimulus douloureux » (critères communs avec le coma profond). Ce « i-zombie » est ici utilisé pour désigner les patients qui ont conscience des gestes chirurgicaux réalisés sur eux pendant leur sommeil provoqué, et qui s’en souviennent après leur réveil. Néanmoins, aucun outil n’existe encore pour détecter la présence ou l’absence de ces sensations subjectives (ou qualia) chez les patients inconscients et il est à souhaiter que les recherches continuent dans ce domaine.

Dans un autre registre, David Chalmers donne vie le premier à l’idée d’un « zombie philosophique », en le définissant comme un zombie « physiquement et comportementalement identique à un humain conscient, mais sans aucune expérience consciente ». Il a donc proposé plusieurs exemples de réflexion à partir de ce sujet, comme « Pourquoi l’évolution s’est ennuyée à nous produire si des zombies auraient pu aussi bien survivre et se reproduire ? ».

Thomas Droulez reprend ce concept pour y apporter une définition plus explicite : « ce sosie serait en réalité un double ayant toutes les apparences et comportements complexes d’un être humain normal en dépit du fait qu’il n’aurait aucune vie intérieure consciente, même basique, c’est-à-dire qu’il serait tel un automate de chair perfectionné et programmé pour réagir normalement aux sollicitations extérieures et aux interactions sociales, mais incapable de se représenter « l’effet que cela fait de percevoir le monde et d’en être affecté ». Il trouve l’enjeu philosophique de ce zombie dans l’envie de : « Montrer qu’il peut y avoir une détection sans perception, et donc que la perception, en tant que premier accès conscient à une qualité sensible, apporte un avantage et une propriété qui ne pouvaient pas exister auparavant et qui sont le propre de l’animal évolué ».

Ainsi, ce zombie philosophique, copie non-consciente de l’Homme, permet de s’interroger sur l’importance de la perception consciente et des qualia dans le développement de l’Humain et dans sa manière d’appréhender le monde. Les travaux basés sur ce concept pourront peut-être un jour permettre à l’Homme de mieux appréhender les mécanismes de la conscience.

Conclusion
D’Haïti à nos écrans, la figure du Zombie aura connu une formidable évolution lors du siècle dernier. Tantôt outil de pédagogie, tantôt sujet de recherche scientifique ou philosophique, la figure du zombie trouve encore aujourd’hui beaucoup d’applications pour nous aider à développer notre connaissance de l’Humain. Nous pouvons espérer que celle-ci nous aide à mieux nous prévenir de possibles épidémies mondiales, ou qu’elle nous apporte plus d’information sur la conscience humaine et notre perception interne.

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Afin de compléter cet article, vous pouvez télécharger l’analyse complète de Julien que nous mettons à votre disposition en PDF, ou encore vous reporter au très bon article publié sur le sujet chez nos confrères de Slate.fr.

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