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Hell

Nous sommes en 2016 et la Terre connaît un cataclysme hors du commun depuis que l’activité solaire s’est dramatiquement intensifiée. Conséquence directe de ce phénomène, la température à la surface du globe a augmenté ce qui a entraîné une sécheresse généralisée conduisant à la disparition de toute faune et flore. Plongés dans ce bain bouillonnant, quelques êtres humains continuent à survivre tant bien que mal.
Le film nous propose de suivre durant quelques jours le voyage de quatre d’entre eux alors qu’ils se dirigent vers les Alpes allemandes où des sources d’eau seraient préservées, si l’on en croit les rumeurs.

Dès les premières scènes le spectateur est plongé dans une ambiance étouffante où le soleil apparaît comme un ennemi redoutable, cramant tout ce que ses rayons peuvent atteindre. Nous faisons alors connaissance des personnages principaux : deux sÅ“urs et leur compagnon de fortune. On ne sait pas depuis combien de temps ils survivent, mais ils semblent rodés à leur nouvelle vie, se protégeant du soleil, attentifs aux éventuels dangers et scrutant l’horizon à la recherche d’essence ou de vivres. Alors qu’ils voyagent dans leur voiture aux vitres recouvertes de papiers journaux, ils rencontrent le quatrième membre de leur groupe lors d’un arrêt dans une station service. Alors que ce dernier s’apprêtait à les voler, ils sont finalement contraints de s’unir pour continuer leur voyage. Ils affronteront alors ensemble les dangers de la route matérialisés par la rencontre d’un autre groupe de survivants particulièrement hostile et barbare.

Vous l’aurez compris, Hell est un film post-apocalyptique dépourvu de zombies, et pourtant, son réalisateur, le jeune allemand Tim Fehlbaum, avait prévu initialement d’en faire le sujet de son film. Alors étudiant en cinéma, il a réalisé en 2006 un court-métrage intitulé Am Flaucher utilisé comme un exemple pour son travail en traitant la thématique zombie de manière sombre et réaliste. Lors de la diffusion de son court, Tim est repéré par le producteur allemand Thomas Wöbke qui décide de le prendre sous son aile pour réaliser un long métrage sur la base de son travail sur Am Flaucher. C’est lors de l’écriture du script que Wöbke a convaincu Tim de laisser tomber les zombies pour une angoisse plus contemporaine en exploitant le réchauffement de notre planète. Wöbke a également permis au film de prendre une dimension internationale en intégrant dans le projet son ami Roland Emmerich, le réalisateur allemand spécialiste des fins du monde en tout genre (Independance Day, Le Jour d’Aprés, 2012). Ce dernier devint ainsi executive producer du projet, intervenant au stade du développement et de la post-prod.
On aurait pu s’alerter de cette association entre un jeune réalisateur et le très bankable Roland Emmerich, notamment avec le risque d’avoir un projet qui se vulgarise et perd en intensité, mais bien au contraire, Hell surprend par la force de sa mise en scène.

On le comprend ainsi très vite, le budget du film est certes limité mais la réalisation n’en est pas moins impeccable et précise. Les scènes ont toutes un aspect brut plus proche du film d’auteur que de la super production Hollywoodienne aseptisée. Les effets visuels sont ainsi restreints et le réalisateur à précisé qu’il n’a eu besoin d’ en utiliser uniquement quatre sur les cinquante prévus initialement. Il faut dire que le sujet du film permet aisément d’instaurer une ambiance très visuelle en plongeant chaque scènes soit dans une lumière aveuglante, soit dans une obscurité froide, et ce sans recours à des tonnes de retouches numériques. Le film tire également sa force de ses décors et accessoires puisqu’une grande partie du film a été tourné en extérieur dans des forêts calcinées, les scènes prennent alors facilement de l’ampleur et évitent au passage de sombrer trop rapidement dans des huis clos étriqués. Même chose pour les accessoires et le souci du détail qui permettent de rendre les situations très crédibles. A titre d’exemple on peut citer le fait que le réalisateur a insisté pour tourner en allemand, ancrant ainsi son film dans une réalité géographique et temporel.

On retrouve également ce souci du détail dans les différentes personnalités présentées qui sont à ce titre interprétées de manière convaincante par les acteurs. Ainsi, illustrant avec brio l’idée que l’union fait la force, on découvre que les deux sœurs, Marie et Léonie, entretiennent des relations quasiment de politesse avec Philip leur compagnon d’infortune, le laissant les dominer gentiment afin de maintenir un semblant de cohésion pour continuer à survivre. L’arrivée de Tom, le second personnage masculin, change ce rapport de force en dévoilant les faiblesses de Philip. Alors que les difficultés arrivent, les deux sœurs cessent d’être passives et prennent enfin leur survie en main, épaulées notamment par Tom. A l’instar d’un The Walking Dead, il se dégage l’idée que l’être humain reste un animal grégaire qui suit la direction de son berger. La destinée du groupe dépendant alors du caractère de ce berger. Ce sentiment s’illustre notamment lorsque l’on découvre quel chemin ont pris d’autres survivants, à l’instar du second groupe de survivants mené par une matriarche prête aux pires atrocités pour maintenir en vie sa tribu.

Néanmoins, malgré tous ces points positifs, on ne peut s’empêcher de penser à l’adaptation cinématographique de La Route, le roman de Cormac McCarthy. Il apparaît évident que Hell s’en inspire grandement. La filiation n’a toutefois rien de honteuse, mais la comparaison ne se fait pas en faveur du film allemand. En effet, là où l’apocalypse américaine a réussi à proposer une vision profonde et terrifiante d’un monde dévasté, l’enfer lumineux de Hell (pour reprendre le double sens du mot en anglais et en allemand) ne parvient pas à nous proposer un récit aussi approfondi. Le spectateur est donc contemplatif d’une histoire qui se lance que très tardivement, qui plus est dans une direction peu intéressante du fait d’un manque flagrant d’inspiration. Le dernier tiers du film devient donc un survival des plus classiques qui déçoit.

Visuellement très intéressant, Hell propose une vision apocalyptique européenne qui fera plaisir aux amateurs de survie qui y retrouveront l’ambiance de La Route dans un contexte familier très plaisant. Le film peine toutefois à nous tenir suffisamment longtemps en haleine et rate de peu la consécration du fait d’un dernier tiers trop balourd, c’est dommage.

Hell

Réalisé par Tim Fehlbaum

Film allemand
Sortie en DVD en France le 13 juin 2012

Site officiel (allemand)

9 commentaires

  1. 1.Stef

    Oui, je l’ai vu, et c’est effectivement un bon film post-apo qui vaut le détour.

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  2. 2.aokle

    Niam, merci pour cette chronique.
    Acheté à l’instant.

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  3. 3.Karl

    Bonne pioche ce film.
    De bonnes idées, une mise en scène  et une direction artistique très respectables pour un 1° long.
    On est loin des des trop nombreuses daubes habituelles du Genre.
    La première moitié du film est assez captivante, la seconde l’est  moins  effectivement, mais pas ennuyeuse. On change de rythme, d’ambiance. Des grands espaces brulés par le soleil, on plonge dans un huit clos “intimiste”, plus traditionnel, et déjà vu. 
    On sent bien que Tim Fehlbaum maitrise son sujet (le post apo).
    Un réal. à suivre.
     
     

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  4. 4.Yodeux

    Je viens de le voir.

     

    Franchement pas trop mal mais c’est vrai que le début, qui laisse augurer un road movie épique, tourne au huis clos…

    Un bon moment quand même, et ca fait plaisir de voir que les allemands se remettent à faire de bons films (avec Die Welle il y a quelques temps déjà)

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  5. 5.husavik

    La deuxième partie ne vous fait pas penser à Dead in three days 2 …. ? (déjà pas terrible) Franchement j’ai cru voir un remake …. C’est dommage parce que la première partie est vraiment bonne.

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  6. 6.sgtstan

    agreablement surpris , il est pas mal du tout en fait, j’ai passé un bon moment

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  7. 7.Bucket

    Bonne surprise ce film. J’aurai juste préféré plus d’interactions avec des groupes de survivants, des recherches de vivres etc… plutôt qu’un huis clos au final moins intéressant que la 1ere partie.
     
    Mais ça reste un film sympa. 

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  8. 8.aokle

    Bonne surprise également pour moi. J’ai mis un peu de temps avant de le visionner mais j’ai bien fait d’attendre. C’était pas dans le contexte d’Avengers et de Spiderman que j’aurai pu avoir un regard neuf sur ce petit film bien ficelé.
     
    J’ai aimé les aspects très sombres, la survie au premier degré et la méfiance omniprésente, les compromis et les sacrifices.
     
    J’ai moins aimé le manichéisme au coeur du dénouement qui méritait peut-être quelque chose d’un peu moins classique.
     
    Un bon moment à faire découvrir aux copaings.

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  9. 9.NIAM

    Ouaip la fin est vraiment dommage, ils auraient vraiment pu faire mieux à l’image des premiers 2/3.

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