World War Z, chronique d’un désastre annoncé

World War Z est revenu sur le devant de la scène la semaine dernière alors que sept semaines supplémentaires de tournage ont été annoncées, ainsi que l’arrivée de Damon Lindelof pour récrire le dernier tiers du script. Ces nouveaux chamboulements semblaient montrer que le film ne serait pas sur une bonne voie mais nous n’en savions pas plus.
Aujourd’hui, le site The Hoylwood Reporter nous apporte quelques éclairages très intéressants sur le tournage du film. Accrochez-vous, on ouvre les portes de l’enfer.
On apprend ainsi que les difficultés sont apparues dès le tout début du projet. En effet, une fois les droits d’adaptation en main, Brad Pitt aurait précipité le lancement du film, profitant de sa proximité avec le patron de Paramount. Le film aurait ainsi reçu le feu vert alors qu’il n’était pas encore abouti et mal préparé (durée du tournage, budget, etc).
Ensuite, Brad Pitt a décidé de retenir et d’imposer Marc Forster comme réalisateur alors qu’il n’a que très peu d’expérience sur des films impliquant de nombreux effets spéciaux. A vrai dire, le seul film comparable qu’il ait réalisé est Quantum of Solace et le résultat n’était vraiment pas au rendez-vous. Surement conscient de cette faiblesse, Brad Pitt a toutefois joint à Forster une équipe de professionnels aguerris dans les effets spéciaux, pensant qu’il pourrait ainsi se focaliser sur les personnages pendant que les cadors du milieu s’occuperaient de mettre des Michael-Bay-EXPLOSIONS autour.
Les conséquences de cette usine à gaz ne se sont pas fait attendre. Outre de nombreux conflits, trois semaines avant le début du tournage Forster en était encore à se demander à quoi devaient ressembler les zombies ou comment ils devaient bouger. Pendant ce temps là , le studio tentait de régler les problèmes en jouant aux chaises musicales, nommant et retirant du projet des intervenants majeurs.
Au final, il en ressort que le réalisateur ne savait pas où il devait aller et n’avait aucun pouvoir pour imposer une direction au film. Le tournage est alors comparé à un navire à la dérive.
Toutefois les sources de THR veulent rester un brin optimistes. Elles confient que le film ne serait pas un ratage complet. La première partie ne serait pas mauvaise, le problème se situant sur la seconde partie et la fin du film. Brad Pitt de son coté serait par contre bien moins enthousiaste. La trilogie n’est peut être plus à l’ordre du jour du coup.





20 commentaires
Mais quel bordel sérieux… Lorsqu’on est directeur de tournage, on dirige ! Et cela sans écouter les ramdams des acteurs même s’ils sont célèbres et ont des relations. Si telle ou telle décision ne leur plaisent pas, qu’ils les virent tout simplement, des acteurs à découvrir il y en a pleins !
Répondre@1 – silent_heal : Attention, Brad Pitt n’est pas qu’un simple acteur sur WWZ, c’est avant tout le producteur du film (en gros il a mis l’argent de sa boite pour acheter les droits), donc il a clairement son mot à dire.
Le vrai problème c’est que le projet est précipité et mal gaulé, sans compter qu’à la base le roman n’est pas fait pour une adaptation ciné.
Répondre@2 – NIAM : Sauf, peut-être, au format du court-métrage.
RépondreMettons que mes attentes sont aux plus bas… comme ça, peut-être que je vais être agréablement surpris!
RépondreLes bouquins réputés inadaptables au ciné, y’en a plein les dvdthèques…
Répondre@5 – helltonio : Et ? C’est un gage de qualité ?
Répondre@6 – NIAM : Quoi et ? C’est vous qui dites que le bouquin est inadaptable au ciné, pas moi.Ce n’est pas parce que vous le jugez comme inadaptable (ce terme m’a toujours agacé) quel qu’il sera forcément raté.
RépondreLe reste des infos n’est par contre pas rassurant effectivement.
@7 – helltonio : J’en sais rien, t’as plein d’exemples apparemment, je te laisse répondre.
En soit dans l’absolu, tout est adaptable. Mais des oeuvres le sont plus ou moins facilement et sont plus ou moins adaptées. Le roman WWZ tire sa force de la multitude de regards et de situations à travers le monde. C’est très casse gueule de vouloir montrer ça en 1h30 en gardant une unité.
Ils auraient très bien pu dire “ok on adapte WWZ mais uniquement les scènes aux Etats-Unis”, y aurait eu une cohérence mais le film serait passé à coté des 3/4 du roman. La ils ont misé sur encore plus débile avec 1 héros qui court à travers le monde pour éviter la propagation des zombies, on voit le résultat aujourd’hui.
Tout ça me confirme que WWZ ne semble pas fait pour être adapté au cinéma.
RépondreNIAM > J’aurais bien vu une adaptation avec des personnages de différents horizons, confrontés à des problèmes divers et variés, expliquant à chaque fois avec des cas concrets pourquoi tel lieu, telle arme, telle stratégie est foireuse ou intéressante. P-ê avec des voix-off récitant des parties de “journaux intimes”.
RépondreÂ
En soit, je pense qu’il y a quand même moyen d’avoir un bon film avec des scènes super intéressantes, le tout dans l’esprit d’un recueil presque scientifique sur le virus zombie et ses implications.
Â
Pas infaisable, je pense, quoi…
@8 – NIAM : Je dis pas que c’est facile mais il y a quand même un narrateur unique qui a recueilli divers témoignages à divers stades de la guerre. C’est quand même un élément fort sur lequel s’appuyer pour donner une cohérence au tout (façon documenteur par exemple).Ca me paraît pas hyper compliqué bien que ça nécessite un peu de boulot. Là je pense que c’est surtout le côté “grosse production” (je connais pas le budget) avec Brad Pitt en producteur qui plombe le tout avec des impératifs de stars à l’affiche.
RépondreAu final, c’est surtout une question de talent. “Le festin nu” inadaptable ? Cronenberg s’en empare et en tire quelque chose. Fight club, 99 francs… Il y a des légions d’exemples. Ce qui compte, c’est qu’il y a un type qui arrive en disant “Je le vois comme ça” et ça peut marcher. Il faut “juste” imposer sa vision.Ca ne veut pas dire respecter l’œuvre forcément à la lettre mais en garder l’esprit tout en y collant sa propre sensibilité.Tel qu’est décrit le synopsis de cette adaptation, ça me fait un peu penser à “Contagion” (mais ce sera sûrement beaucoup moins bien malheureusement).
La meilleure solution d’adaptation du bouquin aurait été sous la forme d’une série tv. Chaque épisode centré sur un témoignage avec les réflexions et voyages du héros qui fait le tour du monde pour recueillir les histoires de chacun.
RépondreÂ
Là , on va avoir un film bourrin et mal fichu qui n’aidera sûrement pas à redorer le blason du genre, ni à donner envie de lire le livre. Imaginez aussi la déception de ceux qui, bottés par le film, se mettent à le lire et se rendent compte que c’est à mille-lieux de ce qu’ils attendaient…
Hum, après un éclair de réflexion, je me rends compte que j’ai confondu World War Z et le Survival Guide. Au temps pour moi… Ceci dit, le mécanisme est le même !
RépondreJe pense que le bouquin était adaptable dans le style Band of Brother : des témoins et leurs histoires, les “flashbacks”… Bon après ce ne serait pas un film au seul et unique héros du début à la fin, mais un genre de patchwork ou de suite d’épisodes comme une série (ou un pulp fiction^^)
RépondreÂ
Â
Romans dit inadaptables : le seigneur des anneaux, Dune (résultat bof mais quand même), la planète des singes (il faut l’avoir lu pour comprendre le twist impossible à créer à l’écran)… Bon après je ne suis pas très littérature.
Je l’ai dis, je le répète encore, Brad doit engager Uwe Boll s’il veut sauver son film, lui seul sauvera le coup.
Répondre@2 – NIAM : Ah ok là je comprend. Mais vu la façon dont il bouscule le planning, j’ai l’impression que Brad veut se débarrasser au plus vite de WWZ
RépondreEst-ce qu’on sait si Bradou a lu le bouquin ?
RépondreNon mais on le sait déjà que ce sera de la merde… Faudrait être sacrément naïf pour croire à une possible sauvetage du projet.
RépondreÂ
Â
Ce sera une bouse avec des zombies dedans, avec un scénario baclé et déjà vu, et tout le monde trouvera le film génial.
Les lecteurs du livre seront déçu, mais bon, c’est pas à eux qu’on s’adresse. Comme toujours…
Mouarf ! En gros, tout est affaire de précipitation… c’est du joli.
Répondre**
Après sur le débat adaptable/non-adaptable, je me range du côté de helltonio. Y avait moyen de faire un truc, sans doute pas dans le cadre du grand Hollywood et des impératifs que ce système se fixe…
@18 – I.D. : “En gros, tout est affaire de précipitation… c’est du joli”
RépondreTiens, c’est souvent ce que me dit ma femme…
Pour revenir au sujet, tout cela s’annonce sous de plus mauvaises augures.
Mais rien d’étonnant, à mon grand regret.
Â
@19 – Karl :”tout cela s’annonce sous de plus
Répondremauvaisesmauvais augures”Warf, désolé de la fote! Augure est du genre masculin…