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Zombie Thérapie – Tome 1 & 2

Lorsque Jesse Petersen a lancé la promotion de sa trilogie zombie, autant l’avouer, nous avons eu peur. Les titres des 3 tomes, intitulés respectivement “Married with zombies” (septembre 2010), “Flip this zombie” (janvier 2011) et “Eat Slay Love” (juillet 2011) ont de quoi laisser craindre le pire.
Au programme dès le premier volet : un site rose, une couverture arborant un coeur énorme et un pitch a priori niais et commercial. Bref, pas de quoi se lécher les babines. C’est pourquoi nous ne nous sommes pas tout de suite précipités sur l’ouvrage, et que nous avons attendu sans hâte la traduction française au titre tout aussi transcendant de “Zombie Thérapie”.
Zombie Thérapie c’est l’histoire d’un couple au bord de la rupture, pour qui l’apocalypse a été bien plus profitable que la thérapie conjugale qu’il suivait depuis des mois. Alors que la population des États-Unis d’Amérique commence à se transformer en une masse de zombies affamés, Sarah et David sont contraints de laisser momentanément leurs désaccords de côté et de s’unir pour sauver leur peau. Cette alliance imprévue sera l’occasion pour chacun de pardonner à l’autre ses erreurs passées.
Le tome 2, intitulé “Zombie business” en français, raconte quant à lui comment le couple s’improvise “Tueurs de zombies professionnels” afin d’échanger leurs services contre des produits de première nécessité, devenus de plus en plus rares dans leur monde dévasté. Enfin, dans le troisième volet qui n’est pas encore sorti en France (“Eat Slay Love”), Sarah et David se mettent en quête du “mur du Midwest”, une zone sécurisée où ils espèrent se réfugier, si celle-ci existe bel et bien…

Girly oui, mais avec modération
Contrairement aux apparences, Jesse Petersen s’en sort plutôt bien car elle évite soigneusement de tomber dans un récit trop cliché ou caricatural.
Sans vouloir provoquer les féministes convaincus, il faut avouer que la trilogie de Jesse Petersen affiche et affirme des codes très féminins : dominante rose, histoire d’amour, réflexion sur le couple, etc. L’ensemble laisse facilement présager que l’auteur va s’épandre généreusement sur le sujet pendant les quelques 275 pages de chaque tome. Eh bien non, en dehors de quelques réflexions égrainées par-ci par-là, l’histoire de couple entre Sarah et David n’est pas si envahissante que prévue. Même si la quatrième de couverture et les titres des chapitres donnent aux ouvrages un côté niais, on ne se retrouve pas à lire un “guide sur la thérapie de couple”. Au contraire, Jesse Peterson nous sert une histoire un peu plus subtile et très humoristique, qui aurait très bien pu s’intituler “l’art de garder sa moitié en un seul morceau, même pendant l’apocalypse”.
On notera d’ailleurs que les considérations sur la vie de couple sont quasi absentes du tome 2. Le premier chapitre y fait bien quelques références pour résumer le tome 1, mais ensuite la narration se concentre sur les péripéties de David et Sarah en tant qu’exterminateurs de zombies professionnels.

Un récit simple et efficace mais peu original
Question zombie à proprement parler, on peut dire que l’ouvrage de Jesse Petersen ne sort pas vraiment des sentiers battus. Les aventures de Sarah et David renvoient plus ou moins à ce qu’on a tous pu déjà voir ou lire dans le genre. Mais c’est peut être cette simplicité qui rend les deux premiers tomes de la trilogie plaisants à lire. D’autant plus que l’auteur nous fait rentrer très vite au coeur de l’action puisque le couple rencontre son premier zombie dans les dix premières pages. Le manque d’originalité est donc contrebalancé par une action plutôt bien menée et généralement cohérente. Sans compter que les zombies sont de vrais zombies à l’ancienne : lents, gauches, idiots, mais voraces ! De quoi satisfaire les puristes.
En revanche, nous sommes moins enthousiastes en ce qui concerne le tome 2 qui prend un peu trop de liberté vis à vis du “mythe zombie”. En effet dans ce volet, le couple se trouve confronté à un scientifique azimuté qui modifie les zombies ordinaires pour en faire des “Bioniques” comme les surnomment nos héros. Ces zombies bioniques sont doués d’une certaine forme d’intelligence qui les rend plus résistants, plus rapides et plus ingénieux. Ils sont par exemple capables d’attaquer leur proie à plusieurs depuis différents fronts. Heureusement, Jesse Petersen arrête à temps de délirer, laissant aux pauvres créatures le privilège de rester dénuées de volonté et de libre arbitre.
Peu de place pour l’originalité donc. Entre les zombies à la George A. Romero qui reproduisent sans but les gestes qu’ils accomplissaient de leur vivant, les scientifiques fous à la Resident Evil et les scènes comiques à la Shaun of the dead, on a de quoi se faire plaisir mais pas de quoi s’émerveiller. Jesse Petersen nous montre simplement qu’elle connaît les classiques et qu’elle a bien appris sa leçon.
Au final, un seul passage du livre change de ce qu’on peut avoir l’habitude de lire. Il s’agit de l’arrivée de Sarah et David dans un casino investi par une secte. Cette péripétie est intéressante car elle met l’accent sur une certaine forme de folie chez les survivants, conséquence directe d’un profond bouleversement de leurs repères. L’instinct de protection pousse ici les esprits fragiles à se réfugier dans des croyances grotesques pour ne pas voir la réalité en face.

De l’humour bien placé
Ce qui sauve la série d’une critique plus sévère, c’est l’humour dont elle fait preuve. Pour le coup, Jesse Petersen n’en manque pas et a su en faire une qualité indéniable de son oeuvre. Dès le premier chapitre, les situations cocasses s’enchaînent et Sarah, la narratrice, les décrit la plupart du temps avec recul et légèreté. Ses commentaires détachés et son esprit pragmatique créent un décalage plaisant avec le contexte post apocalytique.
Par exemple, elle ne se gène pas pour faire preuve d’une bonne dose de sarcasmes lorsqu’elle et son mari se retrouvent à faire équipe avec leur ancienne voisine, une jolie blonde un peu simplette qui ne sait pas faire grand chose à part crier. Elle cache aussi difficilement qu’elle trouve quelque chose de sombrement jouissif à tuer des zombies qui étaient anciennement des personnes qu’elle avait du mal à supporter.

En conclusion, Zombie Business et Zombie Thérapie n’ont clairement pas la prétention de révolutionner le genre. Pourtant, dans la masse actuelle des produits étiquetés “Zombie”, Jesse Petersen a le mérite de proposer quelque chose de simple, de frais et d’un peu décalé.
A choisir, il vaudra peut-être mieux de se contenter de lire le premier tome, nettement meilleur que le suivant, qui est un peu trop fantaisiste et pas assez “survival”.
Quoi qu’il en soit, ça reste une lecture sans prise de tête qui a l’avantage de nous voler un sourire de temps en temps.

Zombie Thérapie – Zombie Business
de Jesse Peterson

Font partie de la trilogie Living with the Dead
Tome 1 – Zombie Thérapie (Married with zombies)
Tome 2 – Zombie Business (Flip this zombie)
Tome 3 – Eat Slay Love (non encore traduit)

Édité par Milady

Sortie originale anglaise : 2010/2011
Sortie en France : 2011

3 commentaires

  1. 1.Silent_heal

    Je possède le premier tome et je suis assez d’accord. L’oeuvre n’a pas grandes prétentions et se laisse apprécier gentiment sans trop chercher à nous surprendre, en gros un moment sympathique mais sans plus, j’ai lu l’extrait du deuxième tome et cela ne m’a pas convaincu.

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  2. 2.Soudy

    Ce n’est pas phénoménale, mais j’ai trouvé ça assez rafraichissant. Sans sortir des grands sentiers battus, j’adhère (modérément !)

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