Sondage de la semaine : Prenez-vous la thématique zombie au sérieux ?

A l’occasion de la sortie de son livre Petite Philosophie du Zombie, l’auteur québecois Maxime Coulombe en a profité pour faire un tour de promotion en France. Depuis une semaine, vous avez peut être lu ou entendu ses interventions dans divers médias du pays et tout le monde semble aujourd’hui découvrir que le zombie ce n’est pas que du gore et du LOL mais qu’il y a bien des réflexions sous-jacentes.
On avait néanmoins l’habitude de voir dans le zombie une image politique et sociale mais il est finalement bien plus et il permet d’éclairer beaucoup de nos actions. Toutefois, avant de pouvoir réfléchir sur ce que représente le zombie, encore faut-il commencer par le prendre au sérieux.
Aux États-Unis c’est déjà chose faite depuis bien longtemps que ce soit par le travail de la Zombie Research Society, jusqu’à son utilisation comme vecteur de communication par des organisations gouvernementales comme le CDC.
Nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer Maxime Coulombe lors de son passage en France afin de discuter avec lui sur ce sujet, notre interview sera publiée prochainement. Mais en attendant, qu’en est-il pour vous ? Comment considérez-vous la thématique zombie ?





16 commentaires
Certes il y a une dimension politique et sociale parfois abordée dans certains cas mais ça va bien au delà. Dans l’actualité on parle de préparation à une attaque zombie mais dès qu’on creuse un peu, on trouve ce genre de notion:
“Peu importe l’origine de la catastrophe, personne n’y prête attention. Ce que nous avons c’est le chaos, des victimes en masse et beaucoup de confusion. Nous cherchons à recréer une situation de chaos.”
http://www.lesinrocks.com/2012/09/24/actualite/etats-unis-une-formation-militaire-contre-des-attaques-de-zombie-11306602/
RépondreOn s’en fou un peu des fois du coté politique et philosophique des zombies non ?
RépondreBien sur que non on est pas préparé à ce genre de truc, c’est n’importe quoi de se préparer à une attaque de zombie de grande envergure sinon on aurait des abri anti-atomique dans chaque salon, des murs de 10mètres partout autour des villes et des armes dans chaque chambres !
Qui regarde un bon film zombie en cherchant la cohérence avec la politique/société actuelle… réellement… nop on veut frissonner, rigoler et voir la jolie fille d’à coté se serrer contre nous
Après je dis pas un livre qui explique un peu la cohérence ça fait pas de mal mais c’est pas le but premier du film de zombie je pense :/
Moi perso la branlette intellectuelle autour des zombies je m’en fout un peu. Je veux juste du sang, de la tripaille et des têtes qui giclent. C’est juste du divertissement. Si c’est pour me prendre la tête quand chui pas au taf, c’est pas la peine.
RépondreJe suis complètement d’accord avec les derniers commentaires. Sincèrement, qu’est-ce qu’on s’en branle de la philosophie zombie, certes je ne veux pas juste des tripes et du sang, juste un côté psychologique ou original, pas une sois disante thématique comme quoi c’est le reflet de je ne sais quelle malheur du monde. On dirait juste que c’est une manière pour les gens qui aiment les zombies de dire: regardez, en fait c’est vachement intellectuel !
RépondreNon, stop, écrire un bouquin où dire que les zombies sont nos tourments de tout les jours et puis que c’est comme une libération, c’est bien, mais n’importe qui peut le faire.
A une époque, oui, je prenais ça vachement au sérieux. Maintenant, j’en ai quasi plus rien à faire. J’adorais me casser la tête pour trouver le morale cachée ou la fable sociale insérée en trame de fond d’une œuvre, aujourd’hui je prends beaucoup moins au sérieux qu’avant tout simplement parce que je ne trouve plus mon compte dans le lot de trucs qui sortent.
RépondreLes réactions sur ce sondage sont très étonnantes. Au niveau des votes on a presque 80% des votants qui estiment qu’il faut prendre le genre au sérieux et 20% qui n’y voit que du fun, par contre dans les commentaires c’est le bal des “Tout ça c’est que de la branlette, rien à foutre”.
Pour moi, il faut bien sûr prendre les zombies au sérieux. Cela ne veut pas dire avoir peur des zombies pour se préparer ou chercher forcément le moindre message derrière une œuvre, mais plutôt qu’en considérant ce sujet comme sérieux on greffe dessus des réflexions un minimum réfléchies. Alors oui, les zombies c’est rigolo, et les série B ou Z, ça fait rire entre copains, mais je préfère vraiment quand l’auteur/scénariste/réalisateur exploite le genre pour pousser la réflexion plus loin. Ça nous donne du Walking Dead (le comic), la série Zombies, Rammbock ou dernièrement l’excellent roman français La nuit à dévoré le Monde.
Les derniers commentaires disent d’ailleurs qu’il suffit d’avoir des tripes et du sang pour avec des émotions. Je trouve au contraire qu’une oeuvre crédible et réfléchie sera bien plus effrayante qu’un grand foutrak de connerie sur fond de zombie. Et pour ça, il faut un minimum prendre le sujet au sérieux et se poser quelques questions.
RépondreFranchement, je crois qu’on peut prendre le truc au sérieux. Parfois, ça nous fait réfléchir sur les consèquences des actes de l’Humanité, ou même sur nous-même. Qu’est-ce qu’on serait prêt à faire pour survivre ? Cela nous fait penser qu’au fond de chaque être humain, même chez le plus gras et le plus enfoncé dans son canapé, il y a quelque chose qui peut sortir. Certains disent l’instinct, d’autres la folie…
RépondreBien entendu, il faut aussi un peu de fun, sinon on devient morrose à force de penser à un futur pareil.
Le problème c’est que 90% des trucs de zombies actuels c’est du Ninjas vs chickens vs zombies sur smartphone, Zombie destruction le TPS de la mort sur console ou on peut faire des prises de catch aux zombies, des zombies superhéros en bouquins, des gros nanars ou les zombies japonais sortent des trous des chiottes donc euh…
RépondreÇa en devient presque diffiçile de prendre ça au sérieux.
Et quand c’est sérieux, j’ai toujours l’impression que tout est basé sur la relation entre les survivants, alors au final le zombie n’est qu’une menace persistante on pourrait très bien mettre des dinos ou des cafards géants carnivores à la place, le déroulement resterait le même (sauf pour la contamination ok)
J’aime bien quand c’est sérieux mais j’avoue que depuis WWZ j’ai débranché le peu qu’il me reste de cerveau concernant tout ça.
Je connaissais pas la nuit a dévoré le monde tiens merci pour la découverte, je vais lire l’extrait sur ibooks et si ça me plait ce sera peut être l’occaz de le rebrancher, si il marche encore.
C’est bien de faire des réflexions sur les films zombies … pour les 10% que ça intéresse !
RépondreJe veux dire que franchement à taille humaine tu aura beau faire tout les scénario que tu veux pour faire réagir les gens sur un problème bah désolé les 80% s’en foute c’est un film zombie, 10% disent “ouai ok ya un truc faut réfléchir un minimum” mais n’iront pas plus loin et les 10% restant vont se prendre la tête … pour rien au final il passeront à autre chose 1heure après ou s’endormiront pas qu’un film zombie ça se regarde le soir :/
Pourquoi on atteint les 80% ici ? bah c’est un site de fan de zombie et les pures lecteurs sont les pures fan de zombies qui s’intéresse au sujet donc la tendance et inversé.
/end.
ça peut être sérieux et sanglant, drôle et satyrique…
Répondreaprès, il faut juste avoir une certaine ouverture d’esprit!
la politique, la philosophie, l’éthique c’est pas que des mec en cravate ou avec une barbe et un sofa…
Fido, satyre sociale!
Dans the night of the living dead, Un des acteurs principaux (Duane Jones) est un afro américain, c’est très rare à l’époque (et même aujourd’hui encore le noir est toujours le premier à crever dans les films d’horreur)… Et pour renforcer cette position, Ben, seul survivant, il sera abattu par la police à la fin du film
@Niam, comme j’ai dit je n’aime pas les films de zombies pour ado pré-pubères en manque d’exploits sur COD zombie, mais belle et bien les oeuvres ou les zombies sont des instruments pour développer la psycologie, et qui font qu’un film d’invasion extra-terrestre et de virus zombie ne seront pas les même au niveau de l’exploration des personnages. Mon oeuvre de référence est bien sûr WD (en comics).
RépondreCe que je n’aime pas c’est les livres et les émissions radios avec des gens qui se prennent pour des psychologues en disant; “Oui, moi Jean-Charles Dupond, je trouve que les zombies sont intéressant car ils sont le reflet de nos pires peur, oulala”. Sérieusement, il n’y a aucune philosophie à chercher derrière les zombies mais tout de même si on veut en trouver ou peut la généraliser avec tout les films d’horreur…
J’aurai bien aimé qu’il y aurait une option genre… Oui, mais pas trop.
@9 – Flip : Mouais alors là je suis pas du tout. Ton histoire de la masse qui veut que de la merde donc les créateurs de contenu on bien raison de leur en donner, c’est vraiment limiter le truc à sa plus simple expression. On peut généraliser pour tout du coup. Pourquoi faire de bon polar ? Ca ne sert à rien, autant faire de l’Europa Corp à la chaine avec plein de films façon Transporteur ou Taxi. Ca fait boom boom avec des gyrophares, c’est SUPER § Quelle tristesse.
@10 – mat : Attention justement à vouloir intellectualiser ce qui ne l’était pas du tout à la base. L’acteur choisi dans NOTLD ne l’est pas car il est noir mais uniquement car il était bon. Romero n’a pas voulu en faire une oeuvre dénoncant le racisme, il voulait justement faire un simple divertissement. Mais rapidement on a voulu y trouver un sens plus profond. NOTLD est le reflet de son époque, mais Romero n’est pas un grand activiste. Suffit de voir l’évolution de ses films, ca tombe souvent dans le ridicule et l’enfoncage de porte ouverte.
@11 – MisterRickHochet : Je te rejoins sur un point, on intellectualise des fois trop ce qui ne le mérite pas forcément. C’est ce que je dis à propos de NOTLD. C’est clair que des mecs qui se mettent à délirer des heures sur une œuvre ça peut rapidement devenir n’importe quoi et chiant. Tout est question d’équilibre et je pense que pour avoir une œuvre un peu plus intéressante, il est nécessaire de prendre le sujet un minimum au sérieux. Et faut pas confondre se prendre au sérieux et prendre au sérieux son sujet
Faut pas non plus avoir peur des mots. Le bouquin de Maxime Coulombe en est un bon exemple. Son essai n’est pas du tout pompeux ou ronflant. Il est pas en train de se branler en collant zombie et philosophie sans aucun sens. La philosophie, on pourrait dire que les pousse mégot en fond tous les jours dans les troquet de France et de Navarre. Mais là c’est un vrai travail d’analyse en utilisant le travail de différents penseurs pour tenter d’approfondir le sujet. C’est aussi reconnaitre que ce qu’on appelle “sous-culture” peut être aussi riche que le reste. On a du mal en France avec cette conception, on a tellement tendance à mettre la “vraie” littérature ou le “vrai” cinéma sur un piédestal. Ça pousse le public à se cliver entre les pseudo intellectuels d’une part et “la masse” de l’autre qui est fiers de dire qu’elle aime de la merde en réponse au discours élitiste de la première caste.
Mais je te rejoins, “oui, mais pas trop”.
Répondre@8 – Zombie de l’espace :
RépondreOui très juste je n’y avais pas pensé mais c’est vrai qu’actuellement le niveau de qualité des produits culturels à thématique zombie n’encourage la réflexion. Étant donné l’orientation que prennent ces produits aujourd’hui, celle du divertissement de masse (vite fabriqué, vite consommé, vite oublié, vite remplacé), je doute que cet état de fait tende à changer à l’avenir. Après il y en a qui sortent du lot bien entendu et incitent à se poser des questions, je pense notamment au film Zombie de Romero qui critique d’ailleurs de fort belle manière ce consumérisme ambiant, mais il date de 1978.
@12 – NIAM : Je me souviens pas avoir dis “c’est cool de faire de la merde” mais chacun voit midi à sa porte qui n’amasse pas mousse qui rira le dernier.
Un bon film zombie c’est pas obligatoirement pour derrière avoir comme le dit MisterRickHochet une réflexion du genre “Oui, moi Jean-Charles Dupond, je trouve que les zombies sont intéressant car ils sont le reflet de nos pires peur, oulala” (j’ai bien rigolé ^^) dans TOUS les films ya un truc pour faire réchéflir mais faut pas non plus poussé ça reste du zombie avec de la viande en masse et c’est encore mieux quand ya des bons personnages mais c’est caricature (et encore ça caricature une partie de la méchante société à qui il faut faire la morale) c’est une tape sur les doigts en comparaison de certains films beaucoup plus poussés et plus réaliste qui touche directement comme le film “polise”.
Comparer un film zombie avec la société/psychologie/etc. bof… je pense que c’est pas le but premier du bidule, oui c’est un chemin qui est possible mais tellement pas adapté.
C’est comme faire regarder un dessin animé à un gosse et lui expliquer la vie avec, non c’est pas le but, la base c’est le divertissement ensuite peut-être insérer une touche de morale/critique légère histoire d’avoir un minimum de ciment entre les parpaings pour pas que le film truc s’écroule.
Je vois par exemple walking dead (la version BD) je m’y suis intéressé pour le zombie puis pour les personnages très intéressant et j’y suis resté principalement pour les retournement de situation assez “ouf” (la prison ?), bah arrivé sur les 2/3 derniers tomes qui passe un peu plus de temps sur l’aspect psycho(remise en question du héros sur 3 tomes) bah je me suis pas demandé si l’histoire perdait pas un peu de souffle ou si il avait encore des idées pour la suite tellement le début était génial …
D’accord sur la fin : “oui, mais pas trop !”
RépondreTiens il y a moins de choix que d’habitude .
RépondreJ’avoue que je m’attendais à une discussion plus nourrie sur le sujet au vu des résultats du sondage. C’est vrai qu’il a toujours été plus facile de se manifester pour dire “arrêtez de vous prendre la tête pour rien” que d’assumer et de justifier un point de vue.
RépondreNéanmoins il me semble intéressant de se poser la question, au moins pour la “situation de chaos” précitée à laquelle on peut toujours se préparer, au moins en théorie. Ensuite il est évident qu’une telle situation entraînerait et a déjà entraîné des comportements humains surprenants dont on pourrait se penser épargné jusqu’à ce que… La vie réserve bien des surprises et des occasions de se découvrir sous de nouveaux jours, s’interroger sur qui nous sommes ou qui nous pourrions être en situation de crise; c’est aussi comprendre à qui nous pourrions avoir à faire, de quelles dérives nous pourrions être témoins, être mieux conscient de ce à quoi il faudrait s’attendre, ou savoir qu’on ne peut s’attendre à rien.
Et évidemment si ce genre de réflexion n’est offerte de façon approfondie (à ma connaissance) que par le mythe du zombie, en dehors des lieux communs habituels type Jean-Charles Dupont, c’est justement parce que la contamination rapide dissout toutes les institutions auxquelles l’individu civilisé peut se fier, parce que le zombie en lui-même rappelle l’homme qu’il était, il sème le doute et offre des pistes pour explorer ce qui fait de nous des humains: le corps, la conscience, les besoins physiques et les besoins sociaux. Il nous fait effleurer la fine limite qui fait notre identité et entrevoir tout ce qu’on peut être capable de faire pour la défendre.
Quand je regarde NOTLD je vois, plus qu’un afro-américain en tête d’affiche, un groupe qui s’entretue lui-même pour éviter de finir aux prises avec des morts qui marchent, même au retour du jour. Dans Zombie et Le Jour des Morts Vivants, on s’approche déjà plus des questions de conscience et de rapports sociaux. Pour autant ces films n’ont pas besoin d’être des chefs-d’œuvre pour donner des pistes de réflexion. De la même façon quand David Wellington nous parle d’un étudiant en médecine qui se contamine volontairement croyant être le dernier survivant de New York, et réussit à garder sa conscience, pourquoi pas, pourvu qu’il nous raconte comment il en est arrivé à une extrémité pareille. Malheureusement ce n’est pas le cas, j’ai bien essayé de rentabiliser mes 5.03€ mais je n’ai vraiment pas pu finir Zombie Island.
Bref tout ça a été un peu long pour dire ce que je pense des zombies en général, il me semble que pour trouver du gore et du LOL on massacre aussi très bien les humains bien portants dans toutes sortes de films, jeux, bouquins, etc… mais c’est vrai que le zombie a la chair plus tendre et se débat moins ^^. Même s’il y a énormément de choses grotesques chez les zombies il n’en reste pas moins intéressant parfois d’ouvrir l’œil pour saisir quelques miettes de philosophie.